LES FORCES FRANÇAISES à BERLIN.
En application du protocole de Londres du 12 septembre 1944, les troupes alliés font leur entrée dans Berlin le 3 juillet 1945. Les premières unités françaises, composées d´éléments précurseurs
de la 1ère armée, 800 soldats et 60 officiers arrivent avec le général de Beauschesne. Aucun secteur précis ne leur étant affecté, ils obtiendront après une journée l´autorisation du gouvernement anglais, de stationner
temporairement Ă Schulzendorf (quartier de Heiligensee).
Le 7 juillet, la première mission française arrive à Reinickendorf. Le secteur français, attribué à partir des deux arrondissements Wedding et Reinickendorf
est alloué à partir du 12 août aux français.
Les Forces appartiennent à la 1ère division blindée, elles comprennent les éléments suivants:
le 1er escadron du 3ème régiment de chasseurs d´Afrique,
le 1er escadron du 9ème régiment de chasseurs d´Afrique,
la 1ère compagnie du premier régiment de zouaves,
la 1ère compagnie du 3ème régiment de zouaves,
ainsi qu´un premier détachement d´état major, forment les éléments précurseurs.
Dans les jours suivants, arrivent une compagnie du génie,
des éléments motorisés du 49ème bataillon d´Infanterie,
des blindés du 7ème régiment de chasseurs d´Afrique,
une compagnie de transmissions ( 816ème )
et un hôpital de campagne ( 425ème ).
Elles ne s´installeront au quartier NapolĂ©on, ancienne caserne “RĂ©giment
GĂ©nĂ©ral Göring” qu´à partir du 18 aoĂ»t 1945, car seuls 20% des bâtiments du quartier sont encore utilisables.
Entre juillet 1945 et mai 1947 sont enregistrés vingt arrivées de régiments, compagnies ou détachements,
quatorze départs, quatre relèves, deux dissolutions, celles des 151ème et 101ème régiments du génie, enfin une constitution, celle du premier régiment du génie.
LE GMFB et le CSFB ( Commandement du Secteur Français de Berlin ):
Afin de coordonner leurs activitĂ©s de contrĂ´le de l’Allemagne vaincue, les gouvernements des puissances alliĂ©s mettent en place diverses structures par les accords de
Londres du 30 novembre 1944. La France n’y adhère que le 1er mai 1945.
Un premier organisme alliĂ© a autoritĂ© sur l’ensemble des zones occupĂ©es. Il regroupe « les quatre commandants en chef agissant
ensemble en corps constituĂ© » et est dĂ©nommĂ© conseil de contrĂ´le, assistĂ© d’un « ComitĂ© de coordination » et de dix « Directoires » (jouant le rĂ´le de ministères). Tout le personnel français de
ces différents organismes y participant est appelé dès 1945 Groupement des Forces Françaises du Conseil de Contrôle puis Groupe Français du Conseil de Contrôle et Administration du Grand Berlin (GFCC).
La ville
elle-même était dirigée par une Kommandantur interalliée et divisée en quatre secteurs dont chacun était confié à un des Alliés.
Le secteur français couvrait les deux districts de Reinickendorf et Wedding (initialement prévus
dans le secteur britannique) et était administré par le « Gouvernement Militaire français de Berlin) GMFB.
Le 16 juin 1949, le conseil de contrĂ´le est officiellement dissous lorsque les trois zones occidentales donnent
naissance Ă la RĂ©publique FĂ©dĂ©rale Allemande, il est remplacĂ© par une haute commission alliĂ©e. Le haut commissaire français en Allemagne, l’ambassadeur AndrĂ© François PONCET assure alors l’autoritĂ© exercĂ©e jusque lĂ
par le commandant en chef.
Au sein des trois alliĂ©s occidentaux le Gouvernement Militaire Français de Berlin (GMFB), le gĂ©nĂ©ral commandant les forces portait jusqu’a la date du 3 octobre 1990, le titre de gouverneur militaire français de Berlin (le GMFB). Ce rĂ´le
étant devenu caduc avec la réunification allemande, il portera le titre de commandant des forces françaises stationnées à Berlin (le CFFSB). Il sera assisté dans cette fonction par un état-major qui aura sous ses ordres
directs un détachement de sécurité.
Le gouvernement militaire français de Berlin comporte Ă peu près l’organigramme suivant:
Le commandement F.F.S.B (général COMFOR), le cabinet du général, la
cellule de coordination , l’AKB ou la Kommandatura InteralliĂ©e de Berlin, l’ASB Allied Staff Berlin ou Alliierten Stabes Berlin (l’Ă©tat-major InteralliĂ©) appelĂ© aussi EMAB (Ă©tat major alliĂ© de Berlin), le
détachement de liaison.
L’Ă©tat major et ses quatres bureaux (E.M.B1, E.M.B2, E.M.B3, E.M.B4)
Le détachement du quartier général (Q.G) , le service général, le bureau de garnison.
La fonction “combat”
des forces fĂ»t assurĂ©e par un rĂ©giment d’infanterie, un rĂ©giment de l’arme blindĂ©e cavalerie et une compagnie du gĂ©nie, ces forces forment le GROUPEMENT TERRE. Les Ă©lĂ©ments AIR sont formĂ©s par la base aĂ©rienne 165 de
Berlin-Tegel.
LE 46ème REGIMENT d’INFANTERIE
C’est en 1644 que naĂ®t le 46ème sous le nom de « MAZARIN FRANÇAIS ». Il devient ensuite « REGIMENT DE BRETAGNE » puis « 46 DEMI-BRIGADE ». En 1763. le MarĂ©chal DE SAXE crĂ©e les premières Musiques Militaires. Depuis lors, la Musique du 46ème R.I. participe aux actions du RĂ©giment.
Après la rĂ©volution française, le son des fifres et de ses tambourins a entraĂ®nĂ© tous les hommes du Corps, dont le plus illustre « LA TOUR d’AUVERGNE » fait premier grenadier des ArmĂ©es de la RĂ©publique par
BONAPARTE 1er Consul.
Reconstitué en 1944, le régiment renaît de ses cendres lors de la libération de la France, il devient 46ème Bataillon d'Infanterie et reçoit le 11 janvier 1945, son drapeau des mains propres du Général
de Gaulle. Il est Ă la Rochelle lorsque intervient l’armistice du 8 mai 1945.
Ensuite, il participe à l'occupation de l'Allemagne en Rhénanie de 1945 à 1947 avant de venir occupé Berlin le 4 novembre 1947. Il y
assurera les missions de souveraineté puis de protection de la ville.
Durant le blocus son statut change, il devient autonome et forme corps le 25 dĂ©cembre 1948. C’est un rĂ©giment d’appelĂ©s, spĂ©cialisĂ© dans le
combat en zone urbaine. Il sera Ă©quipĂ© de vĂ©hicules de l’avant blindĂ©s (VAB), de mortiers de 120 mm, de missiles antichars MILAN et de canons de 20mm antiaĂ©riens. Depuis juillet 1949 la formation musicale fanfare de la
10ème demi-brigade est transformĂ©e en musique du corps. Elle s’efforcera de dĂ©fendre une haute rĂ©putation et maintiendra une image de rigueur, de richesse et d’originalitĂ© digne de la France Ă Berlin.
La musique du 46 constituera la section autonome de défense antiaérienne du corps (SADAA).
La musique qui a tenu garnison Ă Berlin pendant 40 ans appartenant au RĂ©giment de la Tour d’Auvergne, le 46ème R.I. dont les noms inscrits sur son drapeau sont particulièrement Ă©loquents.
Cette musique que dirigea Félix Boyer, se trouvait au moment des combats de 1915 sous la direction du Sous-Chef de Musique Claude Laty. Il devait être nommé Chef peu après et devenir par la suite le premier Chef de la musique de
l’Air.
En 1980, et pour la première fois depuis 65 ans, une cĂ©rĂ©monie militaire avait Ă©tĂ© organisĂ©e Ă la Butte de Vauquois (Meuse). Si la musique du 46ème Ă©tait venue de Berlin Ă cette occasion, c’est que prĂ©cisĂ©ment, les musiciens du 46ème de 1915 payèrent Ă cet endroit un lourd tribut Ă la patrie.
Au cours de la Première Guerre Mondiale. le rĂ©giment après s’ĂŞtre particulièrement distinguĂ© sur la Marne, va participer de fĂ©vrier 1915 Ă juillet 1916 Ă la guerre des tranchĂ©es Ă Vauquois. Tout au long de son sĂ©jour
le 46ème fera preuve d’une tĂ©nacitĂ© exemplaire.
Les assauts de la crête de Vauquois se multiplièrent. Français et Allemands passent des mois à quelques mètres les uns des autres, se faisant une terrible et
tenace guerre de mines et d’engins de tranchĂ©e, sans que jamais aucune progression s’effectue d’aucun cĂ´tĂ©. Vauquois devient un enfer, les pertes sont cruelles et les tirs de l’artillerie ennemie dĂ©truiront Ă
jamais le village.
La « DĂ©pĂŞche de la Meuse » et notre ami Jacques Harbulot nous ont rappelĂ© que c’est le 28 fĂ©vrier 1915, sous la bruine glacĂ©e du matin qu’eut lieu l’assaut de la crĂŞte de Vauquois
oĂą se trouvait un observatoire d’une grande importance stratĂ©gique. Il nous est prĂ©cisĂ© que la Musique du RĂ©giment Ă©tait sur les lieux oĂą, stimulant les combattants, elle devait exĂ©cuter la sonnerie « la charge »
et l’hymne national dans les conditions que l’on devine.
C’est lĂ que tombèrent DelaĂ®tre et RĂ©gnier (flĂ»tistes), Engels (alto) Tillocher (basse) Magny (baryton) et un jeune artiste du nom de Blanchard. De
vĂ©ritables scènes d’hĂ©roĂŻsmes se dĂ©roulèrent dans les rangs des musiciens dont les plus valides durent en outre, après le combat, brancarder les blessĂ©s et les morts.
La musique du 46ème se vit dĂ©cerner une citation Ă l’ordre de l’ArmĂ©e qui fĂ»t reçue quelques semaines plus tard par son chef Claude Laty, lui-mĂŞme citĂ© Ă titre personnel. Il nous a semblĂ© que pour toutes sortes de raisons, un tel Ă©pisode ne pouvait nous laisser indiffĂ©rents
Le 46ème R.I. a la garde d’un drapeau qui porte dans ses plis en lettres d’or les batailles de :
ZURICH 1799 – AUSTERLITZ 1805 – LA MOSCOWA 1812 – SEBASTOPOL 1855-1859 – LA MARNE 1914 – VAUQUOIS 1915 – NOYON 1918.
Son drapeau aux deux couleurs aurore et noir porte la
devise “ PlutĂ´t mourir que faillir “ Ă laquelle il est toujours restĂ© fidèle.
Son refrain est le suivant :
»La Tour d’Auvergne est mort au champ d’honneur quel malheur. »
De par
son jumelage avec la commune de Wedding, le 46ème RI cultivera de fructueux contacts, officiels et privés, avec édiles et habitants de cet arrondissement. Les rencontres majeures ont pour thème le sport, la culture, les cérémonies,
les fĂŞtes de NoĂ«l et le monde des handicapĂ©s.(Ă©cole d’enfants atteint de surditĂ© Albert Gutzmann de Wedding).
Le rĂ©giment de " La Tour d’Auvergne " est l'une des deux seules formations
françaises, avec le 11ème Régiment de Chasseurs, à avoir tenu le créneau pendant près d'un demi-siècle sur le front le plus exposé de la Guerre Froide jusqu'à sa dissolution " FERME POUR CAUSE DE VICTOIRE ", le 14 septembre 1994.
Il sera en 1995, recréé à Vincennes en régiment de réserve avec des éléments dérivés du 24ème Régiment d'Infanterie ( d'active).
Outre ces prestigieuses batailles le 46ème Régiment
d’Infanterie est deux fois dĂ©corĂ© de la croix de guerre avec une palme pour les campagnes de 1914-1918 et de 1939-1945, de la mĂ©daille d’or de Milan, et depuis 1994 des flammes de l'armĂ©e de la RĂ©publique FĂ©dĂ©rale
Allemande et de la ville de Berlin.
La 110ème COMPAGNIE du GENIE:
La 110ème compagnie du génie, appui indispensable des deux régiments, est issue de la section crée à Berlin en 1969. ( Dès 1945, le génie
français poursuis les travaux de remise en Ă©tat du quartier NapolĂ©on, ces rĂ©fections s’Ă©chelonneront sur une dizaine d’annĂ©es, en partie Ă cause du blocus de 1948-1949).
Emanation de la 1ère compagnie du 10ème
rĂ©giment du gĂ©nie de Spire, elle prendra le nom de 110ème compagnie du gĂ©nie le 1er aoĂ»t 1985. Jusqu’ au 15 mars 1990, date de son rattachement au groupement de soutien des forces, elle assura la mission “combat” de
la direction du génie.
Le GROUPEMENT des SERVICES:
En 1968, une nouvelle structure est donnée aux forces françaises de Berlin avec la création d´un groupement des forces aux ordres du Colonel adjoint pour le
commandement des troupes et services du secteur français de Berlin.
Ce groupe prendra l´appellation de groupement de soutien le 1er juillet 1991. Cette formation assurera le soutien administratif et technique de l´ensemble du
groupement terre des forces françaises stationnées à Berlin.
La fonction “soutien” regroupe l’ensemble des services qui permettront d’assurer le bon fonctionnement du quartier NapolĂ©on. L’entretien des
infrastructures et la mise en oeuvre des installations techniques dépendront de la direction du génie. Les déplacements (bus, véhicules et train militaire relèveront de la direction des transports et de la circulation de Berlin
(DTCB). L’alimentation et l’habillement seront du ressort du 501ème Ă©tablissement mixte des subsistances et de l’habillement (EMSH). D’autres services ayant des missions spĂ©cifiques complèteront cette structure,
parmi eux le centre hospitalier des armĂ©es Pasteur (CHA), le bureau payeur, le bureau postal militaire (BMP 600) en place depuis 1945, la direction du matĂ©riel (DDM), la direction des tĂ©lĂ©communications et systèmes d’information
(DTSI) dont la 11ème compagnie légère de Transmissions ( 11ème CLT), dont la station de retransmission de la radio française (France Inter) à Berlin située dans la cité Foch, tous les différents restaurants et mess (
cantine allemande, mess du sergent Brocard, cercle de Lattre de Tassigny), la direction des affaires administratives et financières (DAAF), le service des affaires générales (SAG)...
Certaines composantes des forces se trouvent en
dehors du quartier NapolĂ©on. Il s’agit de la gendarmerie et de la base aĂ©rienne.
La DTMVF devenue DTCB ( DIRECTION des TRANSPORTS):
Pour la petite communauté française, le train militaire français de
Berlin (TMFB) reste le lien le plus tangible avec l’hexagone. Pendant les premières annĂ©es, les amĂ©ricains accordent aux français l’hospitalitĂ© dans leur gare de Wansee, au sud-ouest de la ville. Mais en avril 1947, le
gouvernement militaire doit se mettre en quĂŞte d’un propre emplacement. Le choix de Tegel, bien situĂ© au cĹ“ur du secteur français, s’impose. La direction du gĂ©nie met rapidement en place les infrastructures nĂ©cessaires.
Le 6 décembre 1947, le bâtiment principal, qui évoque quelque peu le pays basque avec ses colombages bruns sur fond de couleur crème, est inauguré en présence du général Ganeval. Ce bâtiment recevra les voyageurs du TMFB durant 47
ans, le train effectuant trois allers et retours hebdomadaires entre Strasbourg et la gare française de Berlin-Tegel. Quittant Tegel chaque mardi, jeudi et samedi soir vers 17 heures, il arrivera en retour de Strasbourg les lundi,
jeudi et samedi matin vers 7 heures 30 et sera accueilli au son de l’air cĂ©lèbre de « Berliner-Luft » par les haut-parleurs de la gare. Le 30 aoĂ»t 1994 sera officiellement cĂ©lĂ©brĂ© le dernier dĂ©part du train de la
gare de Tegel avec à sa tête la locomotive à vapeur 65-1057, pour faire vibrer une dernière fois le cœur des amis de la société ferroviaire allemande. En réalité, le 17 septembre 1994, un dernier Train Militaire Français de
Berlin au dĂ©part de la gare française de Tegel effectuera l’ultime voyage Berlin - Strasbourg ramenant les contingents de la classe 1993/12 derniers Ă©lĂ©ments des troupes françaises stationnĂ©es Ă Berlin, vers
la mĂ©tropole. En AoĂ»t 1994, un wagon aux couleurs du TMFB rejoint par convoi exceptionnel routier le musĂ©e des alliĂ©s de Berlin, depuis il est exposĂ© au musĂ©e…
LES ORGANISMES ADAPTES DES FORCES FRANCAISES:
La D.A.A.F (direction des affaires administratives et financières) comporte la direction, le service des affaires générales, le service du logement, le service du personnel (avec le bureau du personnel allemand (PCA)), le service
informatique, les affaires financières (crédit FODI), les douanes et la section juridique.
les organismes adaptés comprendront également le P.P.S.D (poste de protection et de sécurité de la défense), le service de santé
(hĂ´pital des armĂ©es “Louis Pasteur”), l’infirmerie de garnison, le centre mĂ©dical de Foch (dispensaire familial), le district social, le dĂ©tachement des essences, le bureau FZ ( bureau d’immatriculation des
voitures françaises à Berlin), le bureau payeur (BP), le bureau postal militaire (BPM), la CAT (compagnie auxilliaire de transports), la CLT (compagnie légére des transmissions), la DSM (direction du service du matériel) devenue
(D.D.M), le GSMT (groupement des services du matériel des transmissions), les aumoneries.
A ces organismes suivent tout un ensemble d’environnement:
La paierie particulière de Berlin, les Ă©conomats “Pasteur, Foch, Guynemer”, les Ă©coles françaises
“Saint-ExupĂ©ry, La Fontaine, Victor Hugo”, le collège “Voltaire”, le Collège Français de Berlin de Berlin-Tiergarten, le centre TALMA, le pavillon du lac, les hotels extĂ©rieurs, l’aiglon, le centre
français de Wedding, les cercles de Lattre de Tassigny et sergent Brocard, les foyers d’armĂ©e “NapolĂ©on et BerthĂ©zène”, les jardin d’enfants et garderie, la pharmacie et diverses associations dont la 1145ème
section des mĂ©daillĂ©s militaires et l’ACCSB (association des clubs culturels et sportifs de Berlin), les associations de parents d’Ă©lèves, les bureaux d’assurances (GAN, BAMAFI) et les bibliothèques.
Toute cette structure ne changera pas jusqu´au 3 octobre 1990, date de la réunification de l´Allemagne et de la suspension des droits et responsabilités des alliés sur Berlin. A cette date le secteur français de Berlin disparaît.
L´ensemble du dispositif français, le Groupement des Forces du Secteur Français de Berlin ( G.F.S.F.B ) maintenu sur place Ă la demande des autoritĂ©s allemandes prend l´appellation de “ Forces Françaises StationnĂ©es Ă Berlin
“ ( F.F.S.B ).
En effet le statut de Berlin prenant fin le 31 octobre 1990, avec l’unification allemande, un accord de stationnement bilatĂ©ral franco-allemand ayant Ă©tĂ© signĂ© le 25 septembre, prenant comme base de
dĂ©part l’ultime rĂ©union des 4 + 2 Ă Moscou le 12 septembre 1990, consacrant la fin de la guerre froide. Quand Ă sa durĂ©e, son article 10 stipulait qu’aucune modification ni amendement ne pouvant ĂŞtre introduit ou
prĂ©sentĂ© avant 12 mois rĂ©volus, soit le 12 septembre 1991. Et, l’article 11 mentionnait que cette modification ou amendement ne pourrant ĂŞtre suivi d’effet avant 12 mois rĂ©volus soit le 12 septembre 1992.
Les troupes
françaises sont donc Ă Berlin Ă la demande du gouvernement allemand, Ă la lettre et en l’Ă©tat jusqu’au 12 septembre 1992, et dans l’esprit jusqu’au 31 dĂ©cembre 1994, par symĂ©trie avec la prĂ©sence soviĂ©tique
sur le sol allemand.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanitĂ©, que des troupes victorieuses passent successivement et en parfaite transition de la condition de forces d’occupation, Ă celles de
forces de protection puis à celles de forces invitées.
L’ensemble du dispositif français sera opĂ©rationnel jusqu´au 31 mars 1994, les 46ème rĂ©giment d´infanterie et 11ème rĂ©giment de chasseurs seront dissous et
radiés de l´ordre de bataille le 14 septembre 1994 à 24 heures.
Les drapeaux du 46ème RI et de la 21ème Escadre de Bombardement, avec l’Ă©tendard du 11ème RCh rejoindront le Service historique de l’armĂ©e de terre
Ă Vincennes, après avoir reçus les 26 et 27 mars 1994, les flammes de la Bundeswehr par le chef d’Ă©tat-major des forces armĂ©es fĂ©dĂ©rales, le gĂ©nĂ©ral Naumann et celle de la ville de Berlin par M. Diepgen,
maire-gouverneur.
Les clefs du quartier Napoléon seront remises aux autorités allemandes de la Bundeswehr le 28 septembre 1994 par les éléments liquidateurs des Forces, dont le colonel Rousselet, lesquels descendront pour la
dernière fois les couleurs françaises flottantes depuis 1945 Ă l’entrĂ©e du quartier NapolĂ©on.
Le 5 janvier 1995, le quartier NapolĂ©on prendra le nom de “ Julius-Leber-Kaserne” en hommage au politicien
allemand, soldat, social démocrate et militant de la résistance Julius Leber, exécuté à la prison de Berlin-Plötzensee cinquante ans auparavant le 5 janvier 1945.
Cette caserne redevenue allemande abritera le VBK 100
( l’Etat major et la Compagnie de Commandement 100 ) une Compagnie de sĂ©curitĂ©, le Bataillon de la garde du ministère de la dĂ©fense, le Corps de musique de l’armĂ©e, une partie du Corps des transmissions de l’armĂ©e,
le Centre de santĂ© de Berlin, une Compagnie de l’Ă©cole de santĂ©, la Centrale de l’institut de santĂ©, le Corps des subsistances Est, le Commandement de la brigade sanitaire Est, une Compagnie de la brigade sanitaire Est, le
Bataillon sanitaire 410, le Bataillon des transmissions de campagne 430 et elle abritera aussi le ministère de la défense allemande....

Pendant presque un demi siècle, de juillet 1945 à septembre 1994, ce sont environ 120.000 soldats français qui furent stationnés à Berlin. En
premier en tant que force d´occupation de la ville, puis au début de la guerre froide en tant que force de protection de Berlin et de ses habitants.
Enfin en 1990, force invitée sur un territoire étranger redevenu souverain, les
forces françaises stationnées à Berlin porteront témoignage de la présence de la France au coeur même d´une Europe ou la géographie a retrouvé ses droits et pris le pas sur les querelles de l´Histoire.

A l’occasion du 10ème anniversaire du dĂ©part des troupes d’occupation et de protection de Berlin
et de l’Allemagne, un dĂ©pĂ´t de gerbes eut lieu le samedi 12 juin 2004 au mĂ©morial
“BERLIN DANKT FRANKREICH” créé par l’architecte, peintre et sculpteur suisse Max Bill, inaugurĂ© le 7 septembre 1994 et situĂ© devant l’entrĂ©e de la Julius-Leber-Kaserne
(ancien Quartier Napoléon)
Ces dix huit blocs de granit aux couleurs françaises et allemandes symbolisent la solidarité
que dĂ©cerne la population berlinoise Ă la France, en l’honneur du demi-siècle de protection.
cette sculpture étendue
sur deux fois six mètres fût financée par une collecte locale des deux arrondissements Wedding et Reinickendorf..
Le 22 novembre 2005 à 17 heures, est inaugurée une nouvelle illumination nocturne et tricolore du mémorial,
rendant toute la splendeur au monument.

Ouvrage réalisé par
les Forces Françaises Stationnées à Berlin
sous la direction du Général
Jean Brullard
impression: Service des Affaires Générales
Direction des Affaires
Administratives et Financières du Quartier Napoléon.
SIRPA-TERRE-1994
154 pages, 200 photos inédites
3500 exemplaires au profit de
l’Association pour les Victimes des OpĂ©rations ExtĂ©rieures (prix exceptionnel
de 50 Francs)
Versions langues française et allemande..
BERLIN
Des Français au service de la Liberté
Ce livre fĂ»t vendu en aoĂ»t 1994 au foyer des armĂ©es du Quartier NapolĂ©on et devint introuvable dès 1995. La parution de sa couverture maintenant pourra peut ĂŞtre vous donner une image de son existence et peut ĂŞtre aussi le reconnaitrez-vous par hasard sur une brocante, ou dans une vente aux enchères. C’est très rare Ă©galement, mais avec les annĂ©es qui passent, tout peut arriver. Ne perdez pas espoir.
Les écussons portés par les forces françaises à Berlin
Un premier Ă©cusson, insigne en tissu brodĂ© en fil ou en cannetille est portĂ© Ă 3 cm en dessous de la couture de l’Ă©paule, sur la manche gauche par les forces
françaises d’occupation du Grand Berlin Il cĂ´toie les insignes des TOA (troupes d’occupation de l’Allemagne), des forces de la libĂ©ration (comportant la croix de Lorraine) et du G.M.Z.F.O (Gouvernement Militaire de la
Zone Française d’Occupation).
ElaborĂ© dès 1945 par la section de cartographie du GFCC qui occupait dès septembre 1945 un bâtiment situĂ© au 67 Sigismundkorso Ă Frohau, puis un bâtiment au centre Jeanne d’Arc situĂ©
268 Ruppiner Chaussee Ă Schulzendorf zu Heiligensee, (tĂ©moignage en 2007 de Mr Henri Cottu Berlin 8/8/1945 – 10/9/1950) rĂ©alisĂ© uniquement suivant un modèle spĂ©cifique en forme d’Ă©cu arrondie sur sa partie supĂ©rieure,
sur fond de deux couleurs bleu Ă gauche et rouge Ă droite, comportant un liserĂ© intĂ©rieur de couleur jaune, sur sa partie infĂ©rieure sur fond blanc ; le pourtour du grand Berlin reprĂ©sentĂ© par l’inversion des deux
couleurs rouge Ă gauche et bleu Ă droite comportant l’inscription BERLIN en majuscules noires, surmontĂ© des quatre lettres en jaune majuscules G F dans la partie bleu pour Groupe Français et C C dans la partie rouge pour
Conseil de Contrôle, séparées par points jaunes.
En 1949, Ă la disparition du conseil de contrĂ´le, l’Ă©cusson tricolore GFCC ne correspondant pas Ă un arrĂŞtĂ© du 30 mars 1946 (article 3 paru au Journal Officiel du 30 mars
1946), porté par le personnel français de cet organisme disparaît.

Le second et dernier Ă©cusson ou insigne en tissu portĂ© sur la manche droite par l’ensemble des forces Françaises jusque leur dissolution en 1994 remonte (Ă ma
connaissance actuelle) à 1949 (remplacement du Conseil de Contrôle par les Gouvernements Militaires des Alliés occidentaux)
En forme d’Ă©cu, horizontal Ă sa partie supĂ©rieure, sur fond bleu nuit entourĂ© d’un liserĂ©
jaune, en son centre un pourtour jaune du secteur français de Berlin en bleu clair comporte le drapeau tricolore de la France surmontant la lettre majuscule jaune N pour Napoléon ou quartier Napoléon dans un cercle noir bordé de
jaune ; sur la partie supĂ©rieure BERLIN en lettres majuscules jaune. (L’Ă©cusson en tissu brodĂ© et portĂ© sur les tenues de sortie et de parade fut, pour les officiers, cousu sur une feutrine dĂ©bordante de couleur noire
depuis les années 1970. Ce pourtour noir renforçant le contraste.)


Les dossiers et archives du patrimoine
de la Kommandatura interalliée
du Groupe français du Conseil de contrôle (GFCC)
et du Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB) sont conservés au :
Bureau des Archives de l’Occupation française en Allemaggne et en Autriche
Cité administrative - Bâtiment J
3, rue Fleischhauer
F - 68026 COLMAR cedex
Kommandatura interalliée (KI)
Les archives de la Kommandatura
interalliĂ©e comprennent les dossiers produits par les Commandants supĂ©rieurs, leurs dĂ©lĂ©guĂ©s, des secrĂ©taires et des comitĂ©s et groupes de travail. Ce fond permet d’apprĂ©hender la gestion de l’administration municipale
de la ville de Berlin par les puissances alliées.
Instrument de recherche : un recolement complet est en cours de réalisation.
Groupe français du Conseil de contrôle (GFCC)
Les dossiers sont organisés en 5 sections:
- Autorité alliée de contrôle
- Délégation économique et financière
- Division de l’information
- Direction générale des affaires administratives
- DĂ©lĂ©gation française auprès du comitĂ© quadripartie d’Ă©tude et de renseignement (DFCQER)
Instrument de recherche : recolement et bordereaux de caisse en cours de reprise.
Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB)
Les archives du Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB) sont organisées en 16 sections:
- Division politique
- Secrétariat
- Service économique et financier
- Service transport et PTT
- Service travail
- Direction des services administratifs et financiers, service de la circulation
- Affaires culturelles
- Service information
- Service de presse
- Service des personnes déplacées et réfugiées
- Tribunal militaire international de Nuremberg
- Conseiller politique du Commandant en chef français en Allemagne (CCFA)
- Tribunaux
- Service juridique
- Service de la Sûreté
- Groupe juridique
Instrument de recherche : deux receuil de bordereaux de caisse en cours de reprise
( Documents uniquement accéssibles à la salle de consultation de COLMAR)
fonds conservés par le Ministère des Affaires Etrangères

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