LES FORCES FRANÇAISES à BERLIN.
En application du protocole de Londres du 12 septembre 1944, les troupes alliés font leur entrée dans Berlin le 3 juillet 1945. Les premières unités françaises, composées d´éléments précurseurs de la 1ère
armée, 800 soldats et 60 officiers arrivent avec le général de Beauschesne. Aucun secteur précis ne leur étant affecté, ils obtiendront après une journée l´autorisation du gouvernement anglais, de stationner temporairement Ã
Schulzendorf (quartier de Heiligensee).
Le 7 juillet, la première mission française arrive à Reinickendorf. Le secteur français, attribué à partir des deux arrondissements Wedding et Reinickendorf est alloué Ã
partir du 12 août aux français.
Les Forces appartiennent à la 1ère division blindée, elles comprennent les éléments suivants:
le 1er escadron du 3ème régiment de chasseurs d´Afrique,
le 1er escadron du 9ème régiment de chasseurs d´Afrique,
la 1ère compagnie du premier régiment de zouaves,
la 1ère compagnie du 3ème régiment de zouaves,
ainsi qu´un premier détachement d´état major, forment les éléments précurseurs.
Dans les jours suivants, arrivent une compagnie du génie,
des éléments motorisés du 49ème bataillon d´Infanterie,
des blindés du 7ème régiment de chasseurs d´Afrique,
une compagnie de transmissions ( 816ème )
et un hôpital de campagne ( 425ème ).
Elles ne s´installeront au quartier Napoléon, ancienne caserne “Régiment
Général Göring” qu´à partir du 18 août 1945, car seuls 20% des bâtiments du quartier sont encore utilisables.
Entre juillet 1945 et mai 1947 sont enregistrés vingt arrivées de régiments, compagnies ou détachements,
quatorze départs, quatre relèves, deux dissolutions, celles des 151ème et 101ème régiments du génie, enfin une constitution, celle du premier régiment du génie.
LE GMFB et le CSFB ( Commandement du Secteur Français de Berlin ):
Afin de coordonner leurs activités de contrôle de l’Allemagne vaincue, les gouvernements des puissances alliés mettent en place diverses structures par les accords de Londres du 30 novembre 1944. La France n’y
adhère que le 1er mai 1945.
Un premier organisme allié a autorité sur l’ensemble des zones occupées. Il regroupe « les quatre commandants en chef agissant ensemble en corps constitué » et est dénommé
conseil de contrôle, assisté d’un « Comité de coordination » et de dix « Directoires » (jouant le rôle de ministères). Tout le personnel français de ces différents organismes y participant est
appelé dès 1945 Groupement des Forces Françaises du Conseil de Contrôle puis Groupe Français du Conseil de Contrôle et Administration du Grand Berlin (GFCC).
La ville elle-même était dirigée par une Kommandantur
interalliée et divisée en quatre secteurs dont chacun était confié à un des Alliés.
Le secteur français couvrait les deux districts de Reinickendorf et Wedding (initialement prévus dans le secteur britannique) et était
administré par le « Gouvernement Militaire français de Berlin) GMFB.
Le 16 juin 1949, le conseil de contrôle est officiellement dissous lorsque les trois zones occidentales donnent naissance à la République Fédérale
Allemande, il est remplacé par une haute commission alliée. Le haut commissaire français en Allemagne, l’ambassadeur André François PONCET assure alors l’autorité exercée jusque là par le commandant en chef.
Au sein des trois alliés occidentaux le Gouvernement Militaire Français de Berlin (GMFB), le général commandant les forces portait jusqu’a la date du 3 octobre 1990, le titre de
gouverneur militaire français de Berlin (le GMFB). Ce rôle étant devenu caduc avec la réunification allemande, il portera le titre de commandant des forces françaises stationnées à Berlin (le CFFSB). Il sera assisté dans
cette fonction par un état-major qui aura sous ses ordres directs un détachement de sécurité.
Le gouvernement militaire français de Berlin comporte à peu près l’organigramme suivant:
Le commandement F.F.S.B (général
COMFOR), le cabinet du général, la cellule de coordination , l’AKB ou la Kommandatura Interalliée de Berlin, l’ASB Allied Staff Berlin ou Alliierten Stabes Berlin (l’état-major Interallié) appelé aussi EMAB (état
major allié de Berlin), le détachement de liaison.
L’état major et ses quatres bureaux (E.M.B1, E.M.B2, E.M.B3, E.M.B4)
Le détachement du quartier général (Q.G) , le service général, le bureau de garnison.
La
fonction “combat” des forces fût assurée par un régiment d’infanterie, un régiment de l’arme blindée cavalerie et une compagnie du génie, ces forces forment le GROUPEMENT TERRE. Les éléments AIR sont formés
par la base aérienne 165 de Berlin-Tegel.
LE 46ème REGIMENT d’INFANTERIE
C’est en 1644 que naît le 46ème sous le nom de « MAZARIN FRANÇAIS ». Il devient ensuite « REGIMENT DE BRETAGNE » puis « 46 DEMI-BRIGADE ». En 1763. le Maréchal DE SAXE crée les premières Musiques Militaires. Depuis lors, la Musique du 46ème R.I. participe aux actions du Régiment.
Après la révolution française, le son des fifres et de ses tambourins a entraîné tous les hommes du Corps, dont le plus illustre « LA TOUR d’AUVERGNE » fait premier grenadier des Armées de la République par
BONAPARTE 1er Consul.
Reconstitué en 1944, le régiment renaît de ses cendres lors de la libération de la France, il devient 46ème Bataillon d'Infanterie et reçoit le 11 janvier 1945, son drapeau des mains propres du Général
de Gaulle. Il est à la Rochelle lorsque intervient l’armistice du 8 mai 1945.
Ensuite, il participe à l'occupation de l'Allemagne en Rhénanie de 1945 à 1947 avant de venir occupé Berlin le 4 novembre 1947. Il y
assurera les missions de souveraineté puis de protection de la ville.
Durant le blocus son statut change, il devient autonome et forme corps le 25 décembre 1948. C’est un régiment d’appelés, spécialisé dans le
combat en zone urbaine. Il sera équipé de véhicules de l’avant blindés (VAB), de mortiers de 120 mm, de missiles antichars MILAN et de canons de 20mm antiaériens. Depuis juillet 1949 la formation musicale fanfare de la
10ème demi-brigade est transformée en musique du corps. Elle s’efforcera de défendre une haute réputation et maintiendra une image de rigueur, de richesse et d’originalité digne de la France à Berlin.
La musique du 46 constituera la section autonome de défense antiaérienne du corps (SADAA).
La musique qui a tenu garnison à Berlin pendant 40 ans appartenant au Régiment de la Tour d’Auvergne, le 46ème R.I. dont les noms inscrits sur son drapeau sont particulièrement éloquents.
Cette musique que dirigea Félix Boyer, se trouvait au moment des combats de 1915 sous la direction du Sous-Chef de Musique Claude Laty. Il devait être nommé Chef peu après et devenir par la suite le premier Chef de la musique de
l’Air.
En 1980, et pour la première fois depuis 65 ans, une cérémonie militaire avait été organisée à la Butte de Vauquois (Meuse). Si la musique du 46ème était venue de Berlin à cette occasion, c’est que précisément, les musiciens du 46ème de 1915 payèrent à cet endroit un lourd tribut à la patrie.
Au cours de la Première Guerre Mondiale. le régiment après s’être particulièrement distingué sur la Marne, va participer de février 1915 à juillet 1916 à la guerre des tranchées à Vauquois. Tout au long de son séjour
le 46ème fera preuve d’une ténacité exemplaire.
Les assauts de la crête de Vauquois se multiplièrent. Français et Allemands passent des mois à quelques mètres les uns des autres, se faisant une terrible et
tenace guerre de mines et d’engins de tranchée, sans que jamais aucune progression s’effectue d’aucun côté. Vauquois devient un enfer, les pertes sont cruelles et les tirs de l’artillerie ennemie détruiront Ã
jamais le village.
La « Dépêche de la Meuse » et notre ami Jacques Harbulot nous ont rappelé que c’est le 28 février 1915, sous la bruine glacée du matin qu’eut lieu l’assaut de la crête de Vauquois
où se trouvait un observatoire d’une grande importance stratégique. Il nous est précisé que la Musique du Régiment était sur les lieux où, stimulant les combattants, elle devait exécuter la sonnerie « la charge »
et l’hymne national dans les conditions que l’on devine.
C’est là que tombèrent Delaître et Régnier (flûtistes), Engels (alto) Tillocher (basse) Magny (baryton) et un jeune artiste du nom de Blanchard. De
véritables scènes d’héroïsmes se déroulèrent dans les rangs des musiciens dont les plus valides durent en outre, après le combat, brancarder les blessés et les morts.
La musique du 46ème se vit décerner une citation à l’ordre de l’Armée qui fût reçue quelques semaines plus tard par son chef Claude Laty, lui-même cité à titre personnel. Il nous a semblé que pour toutes sortes de raisons, un tel épisode ne pouvait nous laisser indifférents
Le 46ème R.I. a la garde d’un drapeau qui porte dans ses plis en lettres d’or les batailles de :
ZURICH 1799 – AUSTERLITZ 1805 – LA MOSCOWA 1812 – SEBASTOPOL 1855-1859 – LA MARNE 1914 – VAUQUOIS 1915 – NOYON 1918.
Son drapeau aux deux couleurs aurore et noir porte la devise “
Plutôt mourir que faillir “ à laquelle il est toujours resté fidèle.
Son refrain est le suivant :
»La Tour d’Auvergne est mort au champ d’honneur quel malheur. »
De par son jumelage
avec la commune de Wedding, le 46ème RI cultivera de fructueux contacts, officiels et privés, avec édiles et habitants de cet arrondissement. Les rencontres majeures ont pour thème le sport, la culture, les cérémonies, les fêtes de
Noël et le monde des handicapés.(école d’enfants atteint de surdité Albert Gutzmann de Wedding).
Le régiment de " La Tour d’Auvergne " est l'une des deux seules formations françaises, avec le
11ème Régiment de Chasseurs, à avoir tenu le créneau pendant près d'un demi-siècle sur le front le plus exposé de la Guerre Froide jusqu'à sa dissolution " FERME POUR CAUSE DE VICTOIRE ", le 14 septembre 1994.
Il sera en 1995, recréé à Vincennes en régiment de réserve avec des éléments dérivés du 24ème Régiment d'Infanterie ( d'active).
Outre ces prestigieuses batailles le 46ème Régiment
d’Infanterie est deux fois décoré de la croix de guerre avec une palme pour les campagnes de 1914-1918 et de 1939-1945, de la médaille d’or de Milan, et depuis 1994 des flammes de l'armée de la République Fédérale
Allemande et de la ville de Berlin.
La 110ème COMPAGNIE du GENIE:
La 110ème compagnie du génie, appui indispensable des deux régiments, est issue de la section crée à Berlin en 1969. ( Dès 1945, le génie
français poursuis les travaux de remise en état du quartier Napoléon, ces réfections s’échelonneront sur une dizaine d’années, en partie à cause du blocus de 1948-1949).
Emanation de la 1ère compagnie du 10ème
régiment du génie de Spire, elle prendra le nom de 110ème compagnie du génie le 1er août 1985. Jusqu’ au 15 mars 1990, date de son rattachement au groupement de soutien des forces, elle assura la mission “combat” de
la direction du génie.
Le GROUPEMENT des SERVICES:
En 1968, une nouvelle structure est donnée aux forces françaises de Berlin avec la création d´un groupement des forces aux ordres du Colonel adjoint pour le
commandement des troupes et services du secteur français de Berlin.
Ce groupe prendra l´appellation de groupement de soutien le 1er juillet 1991. Cette formation assurera le soutien administratif et technique de l´ensemble du
groupement terre des forces françaises stationnées à Berlin.
La fonction “soutien” regroupe l’ensemble des services qui permettront d’assurer le bon fonctionnement du quartier Napoléon. L’entretien des
infrastructures et la mise en oeuvre des installations techniques dépendront de la direction du génie. Les déplacements (bus, véhicules et train militaire relèveront de la direction des transports et de la circulation de Berlin
(DTCB). L’alimentation et l’habillement seront du ressort du 501ème établissement mixte des subsistances et de l’habillement (EMSH). D’autres services ayant des missions spécifiques complèteront cette structure,
parmi eux le centre hospitalier des armées Pasteur (CHA), le bureau payeur, le bureau postal militaire (BMP 600) en place depuis 1945, la direction du matériel (DDM), la direction des télécommunications et systèmes d’information
(DTSI) dont la 11ème compagnie légère de Transmissions ( 11ème CLT), dont la station de retransmission de la radio française (France Inter) à Berlin située dans la cité Foch, tous les différents restaurants et mess (
cantine allemande, mess du sergent Brocard, cercle de Lattre de Tassigny), la direction des affaires administratives et financières (DAAF), le service des affaires générales (SAG)...
Certaines composantes des forces se trouvent en
dehors du quartier Napoléon. Il s’agit de la gendarmerie et de la base aérienne.
La DTMVF devenue DTCB ( DIRECTION des TRANSPORTS):
Pour la petite communauté française, le train militaire français de
Berlin (TMFB) reste le lien le plus tangible avec l’hexagone. Pendant les premières années, les américains accordent aux français l’hospitalité dans leur gare de Wansee, au sud-ouest de la ville. Mais en avril 1947, le
gouvernement militaire doit se mettre en quête d’un propre emplacement. Le choix de Tegel, bien situé au cÅ“ur du secteur français, s’impose. La direction du génie met rapidement en place les infrastructures nécessaires.
Le 6 décembre 1947, le bâtiment principal, qui évoque quelque peu le pays basque avec ses colombages bruns sur fond de couleur crème, est inauguré en présence du général Ganeval. Ce bâtiment recevra les voyageurs du TMFB durant 47
ans, le train effectuant trois allers et retours hebdomadaires entre Strasbourg et la gare française de Berlin-Tegel. Quittant Tegel chaque mardi, jeudi et samedi soir vers 17 heures, il arrivera en retour de Strasbourg les lundi,
jeudi et samedi matin vers 7 heures 30 et sera accueilli au son de l’air célèbre de « Berliner-Luft » par les haut-parleurs de la gare. Le 30 août 1994 sera officiellement célébré le dernier départ du train de la
gare de Tegel avec à sa tête la locomotive à vapeur 65-1057, pour faire vibrer une dernière fois le cœur des amis de la société ferroviaire allemande. En réalité, le 17 septembre 1994, un dernier Train Militaire Français de
Berlin au départ de la gare française de Tegel effectuera l’ultime voyage Berlin - Strasbourg ramenant les contingents de la classe 1993/12 derniers éléments des troupes françaises stationnées à Berlin, vers
la métropole. En Août 1994, un wagon aux couleurs du TMFB rejoint par convoi exceptionnel routier le musée des alliés de Berlin, depuis il est exposé au musée…
LES ORGANISMES ADAPTES DES FORCES FRANCAISES:
La D.A.A.F (direction des affaires administratives et financières) comporte la direction, le service des affaires générales, le service du logement, le service du personnel (avec le bureau du personnel allemand (PCA)), le service
informatique, les affaires financières (crédit FODI), les douanes et la section juridique.
les organismes adaptés comprendront également le P.P.S.D (poste de protection et de sécurité de la défense), le service de santé
(hôpital des armées “Louis Pasteur”), l’infirmerie de garnison, le centre médical de Foch (dispensaire familial), le district social, le détachement des essences, le bureau FZ ( bureau d’immatriculation des
voitures françaises à Berlin), le bureau payeur (BP), le bureau postal militaire (BPM), la CAT (compagnie auxilliaire de transports), la CLT (compagnie légére des transmissions), la DSM (direction du service du matériel) devenue
(D.D.M), le GSMT (groupement des services du matériel des transmissions), les aumoneries.
A ces organismes suivent tout un ensemble d’environnement:
La paierie particulière de Berlin, les économats “Pasteur, Foch, Guynemer”, les écoles françaises “Saint-Exupéry, La
Fontaine, Victor Hugo”, le collège “Voltaire”, le Collège Français de Berlin de Berlin-Tiergarten, le centre TALMA, le pavillon du lac, les hotels extérieurs, l’aiglon, le centre français de Wedding, les
cercles de Lattre de Tassigny et sergent Brocard, les foyers d’armée “Napoléon et Berthézène”, les jardin d’enfants et garderie, la pharmacie et diverses associations dont la 1145ème section des médaillés
militaires et l’ACCSB (association des clubs culturels et sportifs de Berlin), les associations de parents d’élèves, les bureaux d’assurances (GAN, BAMAFI) et les bibliothèques.
Toute cette structure ne changera
pas jusqu´au 3 octobre 1990, date de la réunification de l´Allemagne et de la suspension des droits et responsabilités des alliés sur Berlin. A cette date le secteur français de Berlin disparaît.
L´ensemble du dispositif
français, le Groupement des Forces du Secteur Français de Berlin ( G.F.S.F.B ) maintenu sur place à la demande des autorités allemandes prend l´appellation de “ Forces Françaises Stationnées à Berlin “ ( F.F.S.B ).
En effet le statut de Berlin prenant fin le 31 octobre 1990, avec l’unification allemande, un accord de stationnement bilatéral franco-allemand ayant été signé le 25 septembre, prenant comme base de départ l’ultime
réunion des 4 + 2 à Moscou le 12 septembre 1990, consacrant la fin de la guerre froide. Quand à sa durée, son article 10 stipulait qu’aucune modification ni amendement ne pouvant être introduit ou présenté avant 12 mois
révolus, soit le 12 septembre 1991. Et, l’article 11 mentionnait que cette modification ou amendement ne pourrant être suivi d’effet avant 12 mois révolus soit le 12 septembre 1992.
Les troupes françaises sont donc Ã
Berlin à la demande du gouvernement allemand, à la lettre et en l’état jusqu’au 12 septembre 1992, et dans l’esprit jusqu’au 31 décembre 1994, par symétrie avec la présence soviétique sur le sol allemand.
C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité, que des troupes victorieuses passent successivement et en parfaite transition de la condition de forces d’occupation, à celles de forces de protection puis Ã
celles de forces invitées.
L’ensemble du dispositif français sera opérationnel jusqu´au 31 mars 1994, les 46ème régiment d´infanterie et 11ème régiment de chasseurs seront dissous et radiés de l´ordre de bataille le
14 septembre 1994 Ã 24 heures.
Les drapeaux du 46ème RI et de la 21ème Escadre de Bombardement, avec l’étendard du 11ème RCh rejoindront le Service historique de l’armée de terre à Vincennes, après avoir reçus
les 26 et 27 mars 1994, les flammes de la Bundeswehr par le chef d’état-major des forces armées fédérales, le général Naumann et celle de la ville de Berlin par M. Diepgen, maire-gouverneur.
Les clefs du quartier
Napoléon seront remises aux autorités allemandes de la Bundeswehr le 28 septembre 1994 par les éléments liquidateurs des Forces, dont le colonel Rousselet, lesquels descendront pour la dernière fois les couleurs françaises flottantes
depuis 1945 à l’entrée du quartier Napoléon.
Le 5 janvier 1995, le quartier Napoléon prendra le nom de “ Julius-Leber-Kaserne” en hommage au politicien allemand, soldat, social démocrate et militant de la
résistance Julius Leber, exécuté à la prison de Berlin-Plötzensee cinquante ans auparavant le 5 janvier 1945.
Cette caserne redevenue allemande abritera le VBK 100 ( l’Etat major et la Compagnie de Commandement
100 ) une Compagnie de sécurité, le Bataillon de la garde du ministère de la défense, le Corps de musique de l’armée, une partie du Corps des transmissions de l’armée, le Centre de santé de Berlin, une Compagnie de
l’école de santé, la Centrale de l’institut de santé, le Corps des subsistances Est, le Commandement de la brigade sanitaire Est, une Compagnie de la brigade sanitaire Est, le Bataillon sanitaire 410, le Bataillon des
transmissions de campagne 430 et elle abritera aussi le ministère de la défense allemande....

Pendant presque un demi siècle, de juillet 1945 à septembre 1994, ce sont environ 120.000 soldats français qui furent stationnés à Berlin. En premier en tant que force
d´occupation de la ville, puis au début de la guerre froide en tant que force de protection de Berlin et de ses habitants.
Enfin en 1990, force invitée sur un territoire étranger redevenu souverain, les forces françaises
stationnées à Berlin porteront témoignage de la présence de la France au coeur même d´une Europe ou la géographie a retrouvé ses droits et pris le pas sur les querelles de l´Histoire.

A l’occasion du 10ème anniversaire du départ des troupes d’occupation et de protection de Berlin
et de l’Allemagne, un dépôt de gerbes eut lieu le samedi 12 juin 2004 au mémorial
“
BERLIN DANKT FRANKREICH” créé par l’architecte, peintre et sculpteur suisse Max Bill, inauguré le 7 septembre 1994 et situé devant l’entrée de la Julius-Leber-Kaserne
(ancien Quartier Napoléon)
Ces dix huit blocs de granit aux couleurs françaises et allemandes symbolisent la solidarité
que décerne la population berlinoise à la France, en l’honneur du demi-siècle de protection.
cette sculpture étendue sur
deux fois six mètres fût financée par une collecte locale des deux arrondissements Wedding et Reinickendorf..
Le 22 novembre 2005 à 17 heures, est inaugurée une nouvelle illumination nocturne et tricolore du mémorial, rendant
toute la splendeur au monument.

Ouvrage réalisé par
les Forces Françaises Stationnées à Berlin
sous la direction du Général
Jean Brullard
impression: Service des Affaires Générales
Direction des Affaires Administratives
et Financières du Quartier Napoléon.
SIRPA-TERRE-1994
154 pages, 200 photos inédites
3500 exemplaires au profit de
l’Association pour les Victimes des Opérations Extérieures (prix exceptionnel de 50 Francs)
Versions langues française et allemande..
BERLIN
Des Français au service de la Liberté
Ce livre fût vendu en août 1994 au foyer des armées du Quartier Napoléon et devint introuvable dès 1995. La parution de sa couverture maintenant pourra peut être vous donner une image de son existence et peut être aussi le reconnaitrez-vous par hasard sur une brocante, ou dans une vente aux enchères. C’est très rare également, mais avec les années qui passent, tout peut arriver. Ne perdez pas espoir.
Les écussons portés par les forces françaises à Berlin
Un premier écusson, insigne en tissu brodé en fil ou en cannetille est porté à 3 cm en dessous de la couture de l’épaule, sur la manche gauche par les forces françaises d’occupation du Grand
Berlin Il côtoie les insignes des TOA (troupes d’occupation de l’Allemagne), des forces de la libération (comportant la croix de Lorraine) et du G.M.Z.F.O (Gouvernement Militaire de la Zone Française d’Occupation).
Elaboré dès 1945 par la section de cartographie du GFCC qui occupait dès septembre 1945 un bâtiment situé au 67 Sigismundkorso à Frohau, puis un bâtiment au centre Jeanne d’Arc situé 268 Ruppiner Chaussee à Schulzendorf zu
Heiligensee, (témoignage en 2007 de Mr Henri Cottu Berlin 8/8/1945 – 10/9/1950) réalisé uniquement suivant un modèle spécifique en forme d’écu arrondie sur sa partie supérieure, sur fond de deux couleurs bleu à gauche
et rouge à droite, comportant un liseré intérieur de couleur jaune, sur sa partie inférieure sur fond blanc ; le pourtour du grand Berlin représenté par l’inversion des deux couleurs rouge à gauche et bleu à droite
comportant l’inscription BERLIN en majuscules noires, surmonté des quatre lettres en jaune majuscules G F dans la partie bleu pour Groupe Français et C C dans la partie rouge pour Conseil de Contrôle, séparées par points
jaunes.
En 1949, à la disparition du conseil de contrôle, l’écusson tricolore GFCC ne correspondant pas à un arrêté du 30 mars 1946 (article 3 paru au Journal Officiel du 30 mars 1946), porté par le personnel français de
cet organisme disparaît.

Le second et dernier écusson ou insigne en tissu porté sur la manche droite par l’ensemble des forces Françaises jusque leur dissolution en 1994 remonte (à ma connaissance actuelle) à 1949 (remplacement du Conseil
de Contrôle par les Gouvernements Militaires des Alliés occidentaux)
En forme d’écu, horizontal à sa partie supérieure, sur fond bleu nuit entouré d’un liseré jaune, en son centre un pourtour jaune du secteur
français de Berlin en bleu clair comporte le drapeau tricolore de la France surmontant la lettre majuscule jaune N pour Napoléon ou quartier Napoléon dans un cercle noir bordé de jaune ; sur la partie supérieure BERLIN en lettres
majuscules jaune. (L’écusson en tissu brodé et porté sur les tenues de sortie et de parade fut, pour les officiers, cousu sur une feutrine débordante de couleur noire depuis les années 1970. Ce pourtour noir renforçant le
contraste.)


Les dossiers et archives du patrimoine
de la Kommandatura interalliée
du Groupe français du Conseil de contrôle (GFCC)
et du Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB) sont conservés au :
Bureau des Archives de l’Occupation française en Allemaggne et en Autriche
Cité administrative - Bâtiment J
3, rue Fleischhauer
F - 68026 COLMAR cedex
Kommandatura interalliée (KI)
Les archives de la Kommandatura interalliée
comprennent les dossiers produits par les Commandants supérieurs, leurs délégués, des secrétaires et des comités et groupes de travail. Ce fond permet d’appréhender la gestion de l’administration municipale de la ville
de Berlin par les puissances alliées.
Instrument de recherche : un recolement complet est en cours de réalisation.
Groupe français du Conseil de contrôle (GFCC)
Les dossiers sont organisés en 5 sections:
- Autorité alliée de contrôle
- Délégation économique et financière
- Division de l’information
- Direction générale des affaires administratives
- Délégation française auprès du comité quadripartie d’étude et de renseignement (DFCQER)
Instrument de recherche : recolement et bordereaux de caisse en cours de reprise.
Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB)
Les archives du Gouvernement militaire français de Berlin (GMFB) sont organisées en 16 sections:
- Division politique
- Secrétariat
- Service économique et financier
- Service transport et PTT
- Service travail
- Direction des services administratifs et financiers, service de la circulation
- Affaires culturelles
- Service information
- Service de presse
- Service des personnes déplacées et réfugiées
- Tribunal militaire international de Nuremberg
- Conseiller politique du Commandant en chef français en Allemagne (CCFA)
- Tribunaux
- Service juridique
- Service de la Sûreté
- Groupe juridique
Instrument de recherche : deux receuil de bordereaux de caisse en cours de reprise
( Documents uniquement accéssibles à la salle de consultation de COLMAR)
fonds conservés par le Ministère des Affaires Etrangères

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