SES ORIGINES ET SON ROLE SOUS L'ANCIEN REGIME
Modestes à leur débuts, les Chasseurs se firent une place glorieuse à l'avant-garde de nos armées et ne tardèrent pas à rivaliser par leur bravoure et leur
importance avec les anciens corps de l'ancienne armée.
L'esprit des Chasseurs à cheval a dominé toute la glorieuse époque de notre histoire militaire de 1793 à 1812:
"L'entrain et l'audace du Corps des Chasseurs devaient donner aux opérations cette allure leste, entreprenante, vive qui déconcerte les méthodiques généraux de l'adversaire, nous assurant les avantages de l'offensive "jusqu'au bout".".
Cette citation tirée de l'Histoire du 8ème Chasseurs, est l'illustration même de la place que les Régiments de Chasseurs surent se forger au sein de la
Cavalerie Française.
En 1761, la désastreuse guerre de Sept Ans continuait d'appauvrir le Royaume de France et de décimer ses troupes: l’empire Colonial s’effondrait et l’armée était incapable de faire front,
d'autant plus que, face au génie militaire de Frédéric II, nous n'avions à opposer qu'un commandement militaire indécis.
Un homme essaya de sauver ce qui pouvait l'être et accomplit un vigoureux effort de redressement,
ce fut le Duc de Choiseul. Il réorganisa l’armée et la marine, cependant qu'il défendait les intérêts français en péril par une politique étrangère habile.
C'est dans cette situation difficile que fut créé au Quesnoy le
Corps de volontaires de Soubise par l'Ordonnance du 20 février 1761, ayant pour Chef de Corps le Maréchal Prince de Soubise. Issu du Corps des Volontaires Etrangers de Wurmser, il deviendra 6ème légion de Soubise en 1768.
Il est formé par divers escadrons de fusiliers, chasseurs à pied, chasseurs à cheval, grenadiers, dragons...
En 1779, on retrouve ces quatre Escadrons de volontaires qui depuis 1776 étaient répartis dans les régiments de Dragons, sous
l'emblème du 5ème Régiment de Chasseurs à Cheval.
Celui-ci reçoit le 8 août 1784 le nom de Chasseurs du Gévaudan, enfin, après une dernière réorganisation, le 17 mars 1788, il devient le 11ème Chasseurs, avec le titre de chasseurs
de Normandie (Titre qu'il perdra d'ailleurs le 1er janvier 1791 date à laquelle les vieilles dénominations des régiments royaux disparaissent pour faire place à de simples numéros.)
A l'époque, le Régiment comprend 4
Escadrons et 2 Compagnies, soit 36 Officiers et 554 sous-officiers et Chasseurs.
De 1789 à 1799, l'histoire du 11ème Chasseurs est liée à l'épopée révolutionnaire; le Régiment se fit l'ardent défenseur de la nouvelle
République française et du territoire national. Si les armées françaises n'avaient pas l'expérience des coalisés, elles leur étaient supérieures par le nombre et l'enthousiasme; c'est ce qui contribue à donner au 11ème
cette vivacité et cet allant que lui reconnaissent les historiens militaires.
En outre, c'est le moment où éclate la valeur de jeunes officiers qui savent allier la hardiesse de la jeunesse et la stratégie révolutionnaire de Carnot.
Le 11ème participe avec fougue aux victoires décisives ( Fleurus surtout ) qui devaient dégager le territoire français de l'emprise directe des coalisés, avant d'être le porte-drapeau de la liberté dans toute l'Europe.
Face aux coalitions européennes, l'on vit le 11ème rejoindre en avril 1792 l’armée du Centre sous le commandement du Lieutenant Général de La FAYETTE. Il combat à DINANT et SAINT-AUBIN le 23 mai 1792.
Le 11 juin 1792, à
MAUBEUGE, le 11ème manoeuvre avec habilité et combat vaillamment les autrichiens qui laissèrent 60 morts sur le champ de bataille.
Le 27 juin 1792, à MAIRIEUX, il culbute des Uhlans, chasseurs à cheval et chasseurs à pied autrichiens :
30 tués, 83 prisonniers dont 5 officiers.
Il Charge à VALMY en septembre 1792, à JEMMAPES le 6 novembre 1792.
Le 11ème Chasseurs, appartenant à l’armée du Nord, sous les ordres du Lieutenant - Général DUMOURIEZ, avec les 1er et 2ème Hussards, chargent les redoutes
défendues par les chevaux légers de COBOURG et les Hussards de BLANKESTEIN. La vigueur et l'intrépidité de cette charge en tête de l’armée française et sa brillante conduite achève le succès et donne la victoire.
De novembre
1792 à mai 1793, le Régiment est placé dans l’armée de BELGIQUE, sous les ordres du Général DUMOURIEZ, le 13 novembre 1792 il participe au combat d'ANDERLECHT, d'où le prince de WURTEMBERG est forcé à la retraite.
Le 14 novembre, il est à BRUXELLES, le 28 novembre à LIEGE.
Lors de l'invasion de mars 1793 il charge à Neerwinden, à Maubeuge, Wattignies et contribue à la victoire de FLEURUS en 1794.
En 1795, après la chute de Robespierre le 9
Thermidor et le coup de force avorté des royalistes le II Vendémiaire le 11ème, toujours à l'avant-garde, participe aux campagnes contre les coalitions européennes: de 1795 à 1799 à l’armée de Sambre et Meuse et l’armée du
Danube. Il ouvre la voie à l’armée de Jourdan par Aix, Juliers et Cologne jusqu'à Coblence où il entre le 24 octobre. Un peu plus tard, il couvre héroïquement la retraite de l’armée sur Trèves.
Après avoir séjourné en
Hollande en 1798, le 11ème passe à l’armée du Danube et de juin à septembre 1799 mène une série d'engagements dont le dernier a lieu à Shoffen le jour où Massena remportait la victoire de Zurich qui mettait fin à la deuxième
coalition...
Mais avec l'avènement de Bonaparte l'histoire du 11ème Chasseurs devient liée au prestigieux destin de ce Général de trente ans.
Les Chefs de Corps
du
11ème Régiment de Chasseurs
de son origine au Consulat.
20 février 1761 Maréchal Prince de Soubise
11 janvier 1762 Baron de WÜRMSER
01 mars 1763 Comte de WARGEMONT
1770 Baron de KINGLIN
29 janvier 1779 Comte de GRIVEL de SAINT-MAURIS
22 février 1784 Baron de TREVA
10 mars 1788 - 31 mai 1790 Baron d'ALLONVILLE d'ARNANCOURT
25 juillet 1791 - 23 novembre 1791 Marquis d'ANGLADE
23 novembre 1791 - juin 1792 Comte de LALLEMAND de WAITES
29 juin 1792 - 1793 Henri de GRANDVAL de FREGEVILLE
8 mars 1793 - 1794 NICOLAS
1er septembre 1794 de LA COUR
1er septembre 1794 Colonel TREILLARD
septembre 1799 - 1800 DEFRANCE
11 janvier 1800 Baron BESSIERES.
L'EPOPEE NAPOLEONIENNE .
En 1800 le Régiment repart en campagne avec l’armée du Rhin, prend part de Bâle à Ulm à une série de combats le 3 mai à ENGEN, le 5 mai à STOKACK et à la
bataille de MOSKIRCH, pendant que Bonaparte, par une manoeuvre audacieuse, traverse les Alpes et remporte la difficile victoire de Marengo.
Mais Moreau remporte des succès plus décisifs en Allemagne; le 11ème Chasseurs devait inscrire
au cours de ces combats et de la bataille d’HOCHSTETT le 21 juin, deux faits d'armes particulièrement glorieux:
- Le 27 juin 1800 ( 09 messidor An VIII) après la bataille de NEUBOURG, à OBERHAUSEN,
il dégage le bivouac du 46ème d'Infanterie, surpris par un fort parti de Uhlans autrichiens. Ceux-ci s'étaient fait reconnaître des sentinelles à la tombée de la nuit au cri de " France, 11ème Régiment de Chasseurs ".
Croyant avoir affaire à un détachement de ce Régiment, les sentinelles les laissèrent avancer et furent massacrées, ainsi qu'un grand nombre de soldats et d'Officiers, dont le premier grenadier de France, le Capitaine de la Tour
D'Auvergne et le chef de brigade Forty.
Entendant les cris de la mêlée, les Chasseurs du 11ème qui s'installent en bivouac à proximité, sautent à cheval et se rendent au galop au camp du 46ème, leur arrivée met en fuite les
Uhlans
La présence à Berlin, du 46ème au côté du 11ème Chasseurs est le symbole du lien qui, depuis ce jour, lie les deux Régiments.
- Le 3 décembre 1800( 12 frimaire An IX) au combat de HOHENLINDEN. le Colonel
BESSIERES, frère du Maréchal, qui commandait le Régiment charge successivement, à la tête de chacun de ses quatre Escadrons, un bataillon de grenadiers hongrois qu'il parvient à désarmer à la quatrième tentative.
Après le succès de
Bonaparte en Italie et de Moreau en Allemagne, l'Autriche doit demander la paix et le traité de Lunéville donne satisfaction à l'ambition caressée par le patriote depuis six ans: occuper " les frontières naturelles ".
Le Régiment rentre en France par Strasbourg. Après être resté quelques mois en garnison à Liège et Maestricht, il se rend à Chantilly. Pendant ce séjour, il fut passé en revue à Paris par le 1er Consul et caserné à l'hôtel Soubise.
C'est à cette revue que furent distribués deux sabres et quatre carabines d'honneur. Les capitaines CHEVREAU et CHOTTIN reçurent les sabres, les brigadiers RIGOLEY et AUBERTIN, les chasseurs TURELLE et NOVER les carabines.
Le 5
décembre 1804, 3 jours après son couronnement, l'Empereur Napoléon Bonaparte remettait au Colonel BESSIERES, l'Etendard du 11ème Chasseurs, surmonté de l'Aigle déployé.
Cet Etendard devait parcourir une partie de
l'Europe pendant onze années et inscrire dans ses plis, après JEMMAPES, les noms des victoires d'AUSTERLITZ, de WAGRAM, de la MOSKOWA.
En septembre 1805, dans les environs de la ville de LANDSBERG, le 11ème Chasseurs avait
détaché en avant son 1er Escadron, cet escadron rencontre le 2ème Escadron de cuirassiers autrichiens. Loin de se replier, il essuie leur charge sans broncher, les charge à son tour, les rompt et les poursuit ensuite avec une extrême
vigueur. Un grand nombre de cuirassiers sont faits prisonniers et en outre le chef de cet escadron de cuirassiers, blessé et pris par le dénommé FOURNIER, chasseur de la compagnie d’élite.
Vers la fin septembre le régiment est à
HEILBRONN. Après avoir pris part à de nombreux combats, le 11ème passe le DANUBE à DONAUWERTH, traverse VIENNE et atteint le château de SOKOLNITZ le 1er décembre 1805.
Le lendemain 2 décembre à 7 heures du matin, la bataille d'AUSTERLITZ commençait !.
AUSTERLITZ 2 décembre 1805.
NAPOLEON venait d'occuper VIENNE, dont MURAT prit les ponts intacts et entra en MORAVIE ou les armées Autrichiennes et Russes
s'étaient jointes.
Début décembre, la grande Armée après avoir occupé la position avantageuse du plateau de PRATZEN se retira en contrebas, bordant le ravin où coulait la rivière du GOLDBACH.
Le 11ème Chasseurs forme avec le
8ème Hussards la Brigade MARGARON qui était rattaché au 4ème Corps (Maréchal SOULT). Mais c'est sous DAVOUT que cette brigade participera à AUSTERLITZ. Le 1er décembre 1805, l'Empereur plaça DAVOUT à son extrême droite avec de
faibles forces pour défendre la route de VIENNE; parmi elles se trouvait le 11ème Chasseurs.
L’armée Austro - Russe sous les ordres du général KUTUZOF était concentrée sur le plateau de PRATZEN. Pour les alliés la tentative était
trop forte d'accabler DAVOUT pour couper la seule route de retraite des Français. Ils y succombèrent.
Dans la nuit du 1er au 2 décembre, l’armée Austro - Russe se mit en colonnes de marche et attaqua DAVOUT à l'aube du 2
au milieu d'un brouillard très épais. Cette manoeuvre était attendue par l'Empereur.
A la pointe du jour, NAPOLEON s'éveilla et dit aux Officiers de son Etat Major "maintenant messieurs, nous allons commencer une
grande journée". DAVOUT reçut mission d'arrêter l'ennemi à l'extrême droite de la rivière appelée le GOLDBACH. Opiniâtrement, il défendait le village de TELNITZ pas à pas.
SOULT reçut l'ordre de se préparer à
s'élancer sur le plateau central celui de PRATZEN, que BERNADOTTE devait assaillir sur la gauche pendant que l'Empereur, avec sa Garde, soutiendrait leurs efforts. Dès le début du combat la droite, c'est à dire DAVOUT, sous les
ordres duquel se bat le 11ème Chasseurs eut à subir le premier assaut de l'ennemi.
C'est là que s'est joué le sort de la bataille, 10 000 Français réussirent à arrêter 35 000 Russes et Autrichiens. Le 11ème Chasseurs dont
la brigade est chargée de défendre le débouché du château de SOKOLNITZ au pied du plateau de PRATZEN résiste héroïquement, et grâce à sa ténacité fait face pendant plus de cinq heures à un ennemi supérieur en nombre. "Rarement bataille a donné lieu à tant de sauvagerie". rapporte un témoin.
A 10 heures dans un épais brouillard, le centre français ( où se trouvait le 46ème R.I ) aux ordres du Maréchal SOULT s'ébranlait pour gravir les pentes du plateau et couper en deux par une attaque de flanc, l’armée ennemi
étirée sur 16 kilomètres.
La surprise des Austro - Russes fût complète. Pris entre SOULT qui se rabattait sur la droite et DAVOUT, les corps russes se débandèrent et cherchèrent à se frayer une retraite vers le sud sur les étangs gelés
de MÖNITZ. Les glaces se fendirent sous le poids.
L'artillerie de la garde acheva de la briser à coups de boulets et les fuyards furent impitoyablement noyés. Plus au nord, MURAT enfonçait la cavalerie autrichienne et LANNES le
corps de réserve de BAGRATION.
Grâce à l'incroyable solidité de la droite française, à midi la victoire est acquise. Dégagé par SOULT, DAVOUT contre attaque victorieusement et le 11ème Chasseurs charge avec audace et hardiesse
transformant en déroute la retraite de l'ennemi.
Après la victoire, la plus brillante de celles de l’empire, NAPOLEON 1er adressa à l’armée la célèbre proclamation suivante: "Soldats, je suis content de vous
. Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire... Il vous suffira de dire: "J'étais à la bataille
d'Austerlitz" pour qu'on réponde : "Voilà un brave."
La paix ayant été signée, le 11ème prend ses quartiers près de PASSAU, sur les frontières de BOHEME.
Embrigadé avec le 8ème Hussards et le 16ème
Chasseurs, sous les ordres du Général GUYOT, il rejoint le 13 octobre 1806 la petite ville de IENA.
Le 14, à la pointe du jour, la brigade marcha à l'ennemi. Le 11ème se distingue par de nombreuses charges brillamment fournies, par
des feux de carabines commandés à propos et exécutés avec précision. Il s’avance jusque dans les troupes de la Maison du Roi (IENA), mais fut reçu par un feu si meurtrier que perdant beaucoup de Chasseurs, il fut obligé de se replier
sur l’Infanterie du Général St HILAIRE qui arrivait dans ce moment et dont une partie se déployant en avant, fit un feu si vif et si bien continu que l’ennemi se retira dans le plus grand désordre.
Les pertes du régiment
dans cette journée furent d'environ 15 tués, 12 officiers et 60 chasseurs blessés. Le 15 octobre, il bivouaque dans un petit village près du champ de bataille, prend la route de PROSSOMER le 16 et ramasse un grand nombre de Prussiens.
Le 17, il se dirige vers NORDHAUSEN et prend part au combat devant cette ville.
L’ennemi s’étant retiré, on le poursuivit en faisant un grand nombre de prisonniers, le 18 octobre, le régiment passe à STOLBERG, le 19 à
QUEDLIN BURG.
L’armée poursuivant sa marche, le 11ème passe par CHEMNITZ et PROSOSTERLEBERG, arrive le 21 près de MODDEBURG sur lequel il pousse quelques reconnaissances les 22 et 23 octobre.
Le 26 octobre 1806,
l'avant-garde du 11ème rencontre l'infanterie prussienne établie dans un bois. Malgré un feu des plus nourris, le maréchal des logis DIDIOT et le brigadier BEL accompagnés de deux chasseurs chargent à fond et prennent prisonniers
le lieutenant Colonel, le major et l'adjudant - major du régiment de MAXIMILIEN.
Le 1er novembre 1806, le 11ème était arrivé dans les environs de la ville de WAREN. Le Lieutenant LEJEUNE qui avait été détaché avec une trompette, en
avant d'une grand-garde de 80 hommes commandée par le Capitaine PARIS se trouve tout à coup en face de 300 cavaliers prussiens.
Envoyé en parlementaire, il vient, dit-il, sommer ses troupes de se rendre. Sur ces entrefaites arrive
le Capitaine PARIS à la tête de son avant-garde; il fait aussitôt prévenir le Colonel JACQUINOT qui vient au galop avec tout le régiment et envoie sous bonne escorte les 300 cavaliers au quartier général.
Continuant sa marche, le 11ème
allait poursuivre, durant le mois de novembre, le Général BLUCHER dans sa marche tortueuse jusqu'à LÜBECK, combattant sans cesse ses arrière-gardes. Après la prise de cette ville, il fit partie du corps de cavalerie qui, sous les
ordres du prince MURAT, refoula le général jusque sur la frontière du Danemark et le força à capituler.
Le 11ème fut alors dirigé sur WISMAR dans le Mecklembourg et il occupa les environs pendant quelques jours. Il prit ensuite la route
de BERLIN par Schwerin et Streletz, cantonna près de la capitale, s'y rendit le 22 novembre 1806 et passa ce même jour la revue de l'Empereur sur la place du palais ( devant la porte de Brandebourg ), préfigurant 150 ans plus tôt,
la présence des Chasseurs dans la capitale prussienne.
Après ce court séjour dans les environs de Berlin, il passe l'ODER à Francfort et dans les premiers jours de décembre entre en POLOGNE.
En 1807, le 11ème Chasseurs est en
Pologne. Il fait partie de la Cavalerie de MURAT, au sein de la Division LASALLE. Napoléon manoeuvre pour faire face aux russes qui ont essayé de surprendre la Grande Armée dans ses quartiers d'hiver.
Ce sont les prémices de la
bataille d'EYLAU. Le 2 février, le Régiment en reconnaissance se heurte aux avant-gardes Russes et arrête 1 200 Cosaques. Le 4 février , le 11ème Chasseurs commença le combat d'ALSTEIN par une charge sur les cosaques qu’il
trouva en avant de la ville, l’ennemi ayant évacué, il la traversa. Un peu plus tard, s'étant formé en colonne serrée par Escadrons il se porte au trot en avant, lorsque l'Empereur se trouve sur son passage. Les vivres
manquent totalement, beaucoup de Chasseurs s'écrient en passant devant lui: CHLEBA ! CHLEBA ! (du pain, du pain). Il répond également en polonais et d'une voix retentissante : DALEY ! DALEY ! y est CHLEBA (En avant, en avant, il y
a du pain).
Ces paroles font rire et électrisent les Chasseurs qui se déploient aussitôt pour charger quelques bataillons d'Infanterie qui venaient de se déployer sur les hauteurs.
Il prend ensuite part aux durs combats
d'EYLAU le 8 février 1807 où il s'illustre. Dès l’aube, les russes, qui disposent d’une supériorité numérique écrasante, passent à l’offensive et profitant d’un intervalle qui s’était créé dans les
troupes françaises aveuglées par la neige, introduisent leur cavalerie et 4.000 grenadiers dans le dispositif de la grande armée.
Napoléon se tourne vers MURAT et lui dit: « Eh bien! nous laisseras-tu dévorer par ces gens là ».
On voit alors surgir de la neige 80 escadrons de Chasseurs (dont le 11ème), de Dragons et de Cuirassiers, qui, entraînés par MURAT dans une charge fantastique traversent les deux lignes russes et dégagent les Français.
Malgré cela à 15 heures, devant le nombre, NAPOLEON envisage de se replier au cours de la nuit. Jusqu’alors sa seule chance résidait dans l’intervention de NEY, mais celui-ci n’arrive pas. Il n’arrive pas, car il
est trompé par une ruse de l’ennemi qui tente de l’éloigner d’EYLAU.
Mais le soir, passant dans un chemin creux il fut appelé par un Caporal de Voltigeurs courant en flanqueur sur une hauteur voisine : « Monsieur
le Maréchal, venez voir. Il y a là-bas une bataille du diable ! Un feu de file de canons ! ». NEY escalade la hauteur, voit les nombreuses lueurs des coups, sans entendre le bruit à cause du vent, et dirige le 6ème Corps sur
EYLAU. Ce mouvement décide de la victoire.
L'Empereur réunit dans une magnifique plaine, au mois de mai 1807, non loin d'ELBING, tout le corps de cavalerie commandé par le prince MURAT, afin de la passer en revue.
Trente
Régiments de toutes Armes y figuraient; la Division LASALLE, forte de quatorze Régiments dont le 11ème faisait partie était en tête. Lorsqu'il fut arrivé à la hauteur de la Compagnie d'élite du 11ème Chasseurs qui se trouvait à la
droite de la 2ème Brigade, le Général LASALLE présenta simplement le Régiment en prononçant cette phrase qui allait devenir une devise:
-" Sire, voilà les bons "
-" Ils en ont l'air " répondit l'Empereur impressionné par l'allure martiale des Chasseurs et s'adressant au Capitaine JOSSELIN
-" Combien avez-vous eu d'hommes tués dans la campagne ?"
-" 4 Officiers et 30 hommes"
-" de prisonniers ?"
-" Point !"
-" C'est bien, dit alors l'empereur, voilà ce que j'aime: tuer ou se faire tuer !".
En mai 1807 encore, pendant son séjour à l’IOLE de MOGAT, le 11ème Chasseurs fit partie d’une expédition qui eut lieu dans le FRISCK-MERHUNG, langue de
terre entre la mer Baltique et le Frischoff, si étroite dans quelques endroits que deux escadrons ne pouvaient tenir bataille. 6.000 Prussiens étaient débarqués au LILLAU pour secourir DANTZIG, trois escadrons du régiment, trois de Dragons
et mille deux cents grenadiers, le tout commandé par le Général BEAUMONT furent à leur rencontre, les repoussèrent, leur prirent 600 hommes, deux pièces de canon et les forcèrent à se rembarquer.
Le 10 juin 1807, le 11ème Chasseurs
arrive à HEILSBERG, il fit une charge victorieuse sur un régiment de Dragons Russes, à la sortie de la ville, le culbuta et lui fit quelques prisonniers.
Après cette charge, le Régiment resta en observation et ce fut à ce moment que le
sous-lieutenant CAMBON eut la tête enlevée par un boulet. Dans cette journée, le Brigadier DESJARDIN eut son cheval tué, étant en tirailleur; au moment même, deux cosaques arrivèrent sur lui; il les attendit de pied ferme, abattit le
premier d'un coup de carabine, prit sa lance, en renversa l'autre et ramena les deux chevaux.
Le 14 juin 1807, après la bataille de FRIEDLAND à laquelle il prit part, le 11ème marche sur TOPIAU.
Le 16 juin 1807 au matin, la
Division LASALLE se trouvait rangée en bataille sur le bord de la PREIGEL, en face d'un gros de 4 à 5.000 Kalmoucks ou Baskirs.
Le prince MURAT arrive au galop, il demande au Général LASALLE : "Quel est le régiment de tête
?- "11ème Chasseurs" répondit le Général.
-" Allons chasseurs, dit-il, empoignons cette canaille" et aussitôt il se précipite dans la rivière. Il est suivi de près et au milieu d'un nuage de flèches
arrive à la nage à l'autre bord.
Fin 1807, il fournit une compagnie qui se rend à CHARTRES au mois de novembre et contribue à former le 1er régiment provisoire de Chasseurs, embrigadé sous les ordres du Général DUPRE, durant la
guerre d'ESPAGNE.
Le 19 juillet 1808, devant BAYLEN, "Le brave Général DUPRE s'élance avec ses Chasseurs à cheval à travers les intervalles de notre infanterie et donne l'exemple en chargeant à fond la ligne espagnole.
Il y fait des brèches, il y entre, il prend même des canons qu'il ne peut ramener."
Presque tous les Officiers Supérieurs sont tués ou blessés.
Le Régiment participe ensuite à la campagne d'Autriche en 1809. Il forme
avec le 5ème et le 7ème Hussards, la Brigade PAJOL. Le 18 avril 1809, une reconnaissance commandée par le Général PAJOL et composée par le 11ème Chasseurs, sous le Commandement du Colonel DESIRAT, partant de GEISLING a rencontré
l’ennemi à trois quarts de lieue en avant de cette localité sur la route de RATISBONNE. Il était fort de 1.200 Dragons de KLENAU. Le Général PAJOL a ordonné au 11ème Chasseurs de charger. Il l’a fait avec beaucoup
d’intrépidité et a repoussé les Dragons, les Hussards et les Chevaux Légers de KEITRE. Monsieur DAUBERTON aide de camp du Général qui chargeait avec le 11ème Chasseurs a eu son cheval tué sous lui.
Le 21 avril 1809, il participe
au combat de LEUCKLING, le 22 avril à la bataille d'ECKMUHL. Pendant toute la matinée, la cavalerie du maréchal DAVOUT observe l’ennemi qui a apporté quelques modifications à ses positions de la veille et semble manœuvrer sur
l’aile gauche de la 2ème Division. Vers midi le maréchal DAVOUT ordonne l’attaque. Pendant toute la journée la cavalerie du Général MONTBRUN manœuvre pour se mettre en communication avec la 2ème Division et pour défendre le
défilé d’ABACH vers lequel l’ennemi fait mouvement. La 2ème Division trouve plusieurs fois l’occasion de faire des charges heureuses. De son côté Napoléon dirige lui-même l’attaque principale sur la chaussée
d’ECKMUHL qui est enlevé et l’armée française débouche dans la plaine de RATISBONNE.
Le 23 avril, à RATISBONNE, le 11ème Chasseurs et le 5ème Hussards chargent les Dragons de HOHENLOHE, ils chargent également un Régiment
d'Infanterie et lui font beaucoup de mal. Le 25 avril, la Brigade PAJOL prend et occupe NITTENAU.
Le 22 mai c'est la bataille d'ESSLING.
Le 6 juillet 1809, c'est la bataille de WAGRAM. Un rapport du Général MONTBRUN,
au Maréchal DAVOUT, sur la part prise par sa Cavalerie à l'action du 3ème Corps pendant la journée :
"J'ai particulièrement à me louer Monseigneur, du 11ème Chasseurs qui, ayant à sa tête le Général PAJOL, a effectué une
des plus belles charges de Cavalerie qui se soit faite. Le Régiment D'OREILLY Dragons le chargeait, il l'a culbuté, a fait le Colonel prisonnier avec plusieurs Officiers et 65 Dragons après avoir sabré la moitié de ce Régiment et
mis le reste hors d'état de se réunir".
Puis c'est la campagne d'Espagne et Portugal de 1810 à 1811.
Le 11 août 1810, le 11ème est à VERDUN. Le 4ème escadron, fort de 8 officiers et 250 hommes, reçoit l'ordre
le 21 août de rejoindre l’armée d'Espagne. Il forme avec le 4ème escadron du 24ème Chasseurs, le 1er régiment provisoire de Chasseurs.
Les 3, 4 et 5 mai 1811, se sont le combat et la bataille de FUENTES de ONORO, peu de temps
après, le 4ème escadron est versé au 31ème Chasseurs.
En 1812 il prend part à la campagne de Russie, le 8 août c'est le combat d'INKOWO, le 11ème Chasseurs, sous les ordres du Colonel DESIRAT, pousse plusieurs charges brillantes
contre les cosaques de PLATOW, dont il arrête la marche. Le 14 août au matin, MURAT avec sa cavalerie marche sur KRASNOE. Le 17 août 1812, à la bataille de SMOLENK, la cavalerie de MONBRUN placée à l’extrême droite charge à plusieurs
reprises avant l’assaut de la ville mais, ne trouvant pas de gué pour franchir le DNIEPR, elle ne peut directement participer à la prise de la ville.
Le 11ème Chasseurs se couvre de gloire à la MOSKOWA le 7 septembre 1812.
A
cinq heures et demie du matin, l'Empereur NAPOLEON adresse cet ordre du jour à ses soldats de la Grande Armée, rassemblés en ordre de bataille en avant du ravin de la MOSKOWA.
"Que la postérité la plus reculée cite avec
orgueil votre conduite dans cette journée, que l'on dise de vous: Il était à cette grande bataille, sous les murs de MOSCOU."
Au centre du dispositif se trouvaient le 46ème Régiment d'Infanterie et le 11ème Régiment de Chasseurs. "
La mêlée est meurtrière et les victimes sont aussi nombreuses qu'illustres, MONTBRUN le plus brillant de nos généraux de cavalerie, tombe mortellement frappé par un boulet", rapportera THIERS.
Le Général Auguste
CAULAINCOURT, prenant le commandement du 2ème Corps, est frappé d'un boulet en chargeant à la tête de la brigade de cuirassiers WATHIER.
Le 11ème Chasseurs a une page brillante dans cette journée mais est cruellement éprouvé: le
colonel DESIRAT qui le commande depuis le 16 mars 1809 est tué.
Le 18 octobre 1812. A WINKOWO pendant la retraite de Russie, MURAT exécute à la tête de la cavalerie des charges si répétées, si bien dirigées, si vigoureuses, qu’il
disperse la cavalerie russe, enfonce et sabre quatre bataillons d’infanterie russe. Le 11ème Chasseurs fournit plusieurs charges brillantes à cette occasion, au cours desquelles de nombreux Officiers, Sous – Officiers et
Chasseurs sont tués ou blessés.
Puis lors de la retraite de MOSCOU au NIEMEN, en 1813, à la bataille de LUTZEN, une compagnie du 11ème Chasseurs de la 2ème Division de marche se comporte honorablement. Elle a un Officier blessé, le
sous-lieutenant PRINET. Malheureusement la cavalerie est peu considérable ne regroupant que 8.000 hommes. Il fut impossible de poursuivre notre ennemi dans sa retraite.
Il combat encore à Leipzig les 16-19 octobre 1813 et à HANAU le 30
octobre 1813. Le 11ème se distingua particulièrement en chargeant plusieurs fois l'ennemi avec impétuosité et contribua ainsi à ce brillant succès.
Mais en automne 1813, après les désastreuses campagnes de Russie et d'Allemagne,
toutes les frontières de la France sont franchies par les coalisés. Le 11ème Chasseurs qui forme le 3ème escadron du 1er régiment provisoire, commandé par le Colonel DESCHAMPS, n'a conservé que 6 Officiers, 62 hommes, 15 chevaux
d'officiers, 66 chevaux de troupe et un cheval de trait.
Les "Marie-Louise" levées par Napoléon se battent avec courage, cependant que les Escadrons décimés du 11ème Chasseurs combattent le 14 février 1814 à VAUCHAMPS.
Le Régiment combat avec les troupes de NAPOLEON, BLUCHER à Etoges, les Français étant privés d'artillerie chargèrent et infligèrent, au sabre, de lourdes pertes à l'ennemi.
1814 c'est aussi Saint - Dizier.
Le 11ème Chasseurs est à MELUN, lorsqu'il apprend l'abdication de l'Empereur.
Et on le retrouve au côté de l'Empereur en 1815; après le retour de l'Ile d'Elbe, à Fleurus, Ligny, il se distingue encore à
PLANCENOIT le 18 juin 1815 pendant la bataille de Waterloo.
Le 16 juillet 1815, après la chute de l’empire, le 11ème Chasseurs est licencié. C'est le terme d'une période particulièrement glorieuse pour le Régiment et la
tradition garde avec fierté le souvenir des batailles de l’empire dont les noms sont inscrits pour toujours dans les plis de l'Etendard.
Les Chefs de Corps
du
11ème Régiment de Chasseurs
du Consulat au 1er Empire.
du 11 janvier 1800 à décembre 1805 Baron BESSIERES Bertrand (devenu lieutenant -général)
du 13 janvier 1806 au 16 mars 1809 Baron JACQUINOT (devenu lieutenant - général)
du 16 mars 1809 au 7 septembre 1812 Colonel DESIRAT (tué à la bataille de la Moskowa)
du 7 septembre 1812 au 1er janvier 1814 Baron NICOLAS Jean-Baptiste (devenu maréchal de camp)
du 1er janvier 1814 à 1815 Colonel DESCHAMPS (1 régiment provisoire de Chasseurs).
LA RESTAURATION ET LE SECOND EMPIRE
A l'éclat de l'épopée révolutionnaire et napoléonienne va se succéder l'ère moins glorieuse de la vie de garnison.
Le 30 août 1815 à Nevers sous le nom
de Chasseurs de l'Isère est reconstitué un Régiment de Chasseurs numéro 11 dans l'ordre contrôle; il est formé de volontaires et des débris de l'ex- 17ème Dragons. Il gardera ce nom jusqu'au 27 février 1825, date à laquelle
il retrouva son numéro. En 1844, on retrouve ses traces à Sarreguemines, il fait parti alors de la 3ème Division Militaire.
Après plusieurs transformations entre 1825 et 1851, il reçoit le 2 mai 1852 sur le Champ de Mars son nouvel
étendard tricolore.
On le retrouve ensuite tenant garnison dans l'Est. Il est à Sedan en mai 1859 et comprend alors 6 Escadrons.
Après une longue période d'activité, le 11ème retrouve le chemin du combat; de Sedan il est
dirigé à Mostaganem, où il relève le 1er Chasseurs; pendant la révolte de 1864-1865 ses 6 Escadrons marcheront à l'avant-garde des colonnes Martineau (combat de Sain-Lagota), Lapasset Deligny (affaires d'Ain-Beida, de Titen-Yahia
et Jolivet).
Il rentre en France en 1865 quand déjà se dessinent les signes d'un prochain conflit européen: la Prusse bismackienne domine l'Europe, seule la France résiste à ses prétentions.
C'est bientôt la déclaration
de guerre entre les deux Puissances et presque aussitôt l'invasion du territoire français en 1870.
Les 5 Escadrons du 11ème Chasseurs participent aux premiers combats. Engagé à Wissenbourg et Froeschwiller, le Régiment bat en
retraite vers la Marne, puis rattaché à l’armée de Châlons il est dirigé vers la Meuse et parvient à échapper au désastre de Sedan. Il se retrouve à Avignon le 12 septembre, ayant perdu les trois-quarts de son effectif.
Au milieu
de ces revers, Gambetta incarne la résistance et l'organise. Le 11ème, reformé à Avignon, combat avec l’armée de la Loire. Il livre les combats de COUMIERS le 9 novembre et de BEAUME-la-ROLANDE le 28 novembre.
Puis, en janvier
1871, il est versé dans l’armée de l'Est et guerroie dans la région de Besançon. Tant d’héroïsme fut vain. Après la défaite de la France et l’armistice, le 28 janvier, il est à Nevers.
En avril - mai 1871, le 11ème
fait partie de l’armée de Versailles mise sur pied par Thiers et participe à la répression de la Commune. Il ne connaît plus que les tribulations de la vie de garnison: Meaux (1872); Saint-Germain-en-Laye (1878).
Le 12 septembre
1887, le régiment quitte St Germain pour se rendre à Vesoul où il devait tenir garnison jusque en 1939.
Les Chefs de Corps
du
11ème Régiment de Chasseurs
de la restauration et du second empire.
du 30 août 1815 au 14 janvier 1816 Comte de FONTENILLE (devenu maréchal de camp)
du 14 janvier 1816 au 24 mars 1824 Colonel d’ESPINAY SAINT-LUC
du 24 mars 1824 à 1831 Comte de CHASTEIGNIER
de 1831 à 1837 ROSSIGNOL - DUPRE
de 1837 au 25 octobre 1845 Vicomte de BOISLECOMTE (devenu général de division)
du 25 octobre 1845 au 1er mai 1849 LCL PERICHON de KERVERSAN
du 1er mai 1849 au 18 juin 1849 LCL NEY de la MOSKOWA
du 18 juin 1849 au 29 avril 1850 LCL LENTZ
du 29 avril 1850 au 15 mai 1850 Baron MARION (devenu général de brigade)
du 15 mai 1850 à avril 1855 Colonel CAMPENET (devenu général de brigade)
d’avril 1855 au 5 mai 1855 Colonel LEGRAND (devenu général de division)
du 5 mai 1855 à 1856 Colonel BRO
de 1856 au 12 mars 1864 Colonel GRANDVALET
du 12 mars 1864 au 15 octobre 1869 Colonel NERAT
du 15 octobre 1869 au 6 novembre 1870 Colonel DASTUGUE
du 6 novembre 1870 - Colonel de BAILLIENCOURT dit COURCOL
LA PREMIERE GUERRE MONDIALE (1914-1918)
Le 11ème Chasseurs, comme tous les autres Régiments de la Cavalerie Française, attendait depuis longtemps, en arrière de la trouée de BELFORT, le jour où il pourrait
victorieusement fouler le sol de l'Alsace reconquise et abreuver ses chevaux dans le Rhin.
Le 31 juillet 1914, c'est l'ordre de mobilisation et aussitôt après, l'ordre d'occuper les emplacements de couverture.
Dès
le 4 août 1914, des reconnaissances pénètrent en Alsace, et le contact est pris avec les forces allemandes dans la trouée de Belfort. Ces premiers engagements tournent à l'avantage des Chasseurs, la SCHLUCHT, le 4 août, patrouille du
Lieutenant HUSSENOT-DESSENONGES. Combat du col de LOUTSCHPACH, le 10 août.
Du 18 au 24 août, le 11ème occupe MULHOUSE et pousse des reconnaissances dans la forêt de la HARDT.
Toutefois, l'attaque allemande par la Belgique devait
obliger le Commandement Français à faire face à une situation critique et à créer rapidement une ligne de défense sur tout le front NORD: le 11ème Chasseurs rejoint le région de la SOMME fin août.
Le 24 août, le 11ème embarque à
MONTBELIARD, le 27, les escadrons arrivent à AMIENS et à CORBIE. Des reconnaissances sont immédiatement poussées en direction de PONT-NOYELLES, PERONNE, BAPAUME et ALBERT. Toutes les patrouilles sont au contact.
Mais du 29 août au 3 septembre, il faut opérer une manoeuvre de retraite.
Ce sont les difficiles combats de couverture jusqu'à l'OURCQ puis la bataille de la MARNE, le 8 septembre. Le 11ème prend l'avant-garde du 7ème C.A :
LAGNY-le-SEC, NANTEUIL-le-HAUDOUIN, BETZ. Il prend liaison d'abord avec la 5ème DC vers MAQUELINES puis avec le 4ème CA à NANTEUIL le 10 septembre où l'on apprend la Victoire de la MARNE.
En avant du 7ème CA, le régiment se
porte à la poursuite de l'ennemi: LEVIGNEN, VAUMOISE, VAUCIENNES, VILLERS-COTTERETS. L'adversaire arrêté dans son élan, puis bientôt surpris par la contre-offensive générale, se replie sur la ligne de défense du Nord de
l'AISNE, le 12 septembre (plateau de NOUVRON et de NAMPCEL), ne permettent pas de déboucher.
La guerre de tranchée s'installe, avec elle le visage de combat change, la guerre de mouvement est terminée. Les chasseurs manient la
pelle et la pioche, organisant des défenses à CONFRECOURT et VINGRE. L'élan ennemi se porte vers CALAIS. Les 1er, 2ème et 4ème escadrons du 11ème et le 7ème escadron du 19ème chasseurs embarquent le 25 octobre à la CROIX-SAINT-OUEN
pour les FLANDRES.
Le 26, ils débarquent dans la région de MERVILLE. Jusqu'au 16 novembre, les détachements à pied du 11ème sont en position de l'ouest du mont KEMMEL.
Le 28 novembre les escadrons rejoignent l'AISNE où
jusque en janvier 1915, ils aménagent les tranchées existantes.
En 1915 on voit encore des tentatives de débordements. Courant août , le 11ème Chasseurs, au sein du 7ème Corps d'Armée se préparait à l'offensive de CHAMPAGNE dont
le but était de rompre les lignes ennemies.
Regroupé à NEUILLY-SAINT-FRONT, le 11ème est passé en revue, le 6 août par le maréchal JOFFRE.
A cet effet, ses six Escadrons se regroupèrent près de CHALONS et effectuèrent de nombreuses
reconnaissances en profondeur du 29 août au 25 septembre, en avant de SAINT-HILAIRE-LE-GRAND.
Des percées comme celle du 25 septembre à 9 H 25, sous une pluie fine où le 11ème s'élance à cheval, sur les premières lignes au Nord -
Est de SAINT-HILAIRE-LE-GRAND.
Il débouche en trois colonnes, le Colonel en tête, sur une crête balayée par le feu des mitrailleuses et de l'artillerie allemande dans l'espoir de bousculer les lignes adverses. Malgré la fougue
de leur assaut, les cavaliers sont arrêtés à 200 mètres des lignes adverses par des fils de fer barbelés.
Devant cet obstacle infranchissable que notre artillerie n'avait pu réduire, un détachement aux ordres du sous-lieutenant
PREISS met pied-à-terre et continue sur l'épine de VEDEGRANGE, tandis que le reste du Régiment rallie son point de départ.
Les jours suivants, en tête d'un Corps de Cavalerie de 18 régiments, le 11ème Chasseurs, de concert avec
l'infanterie, renouvellera ses tentatives de percement du front, notamment devant les Tranchées des TANTES.
5 charges successives menées dans la grande tradition de la Cavalerie n'arrivèrent pas à débouter l'ennemi de ses
positions.
Cette tentative héroïque qui devait coûter 56 vies et 142 blessés, apporte au régiment sa première citation à l'ordre de la IVème Armée. Recomplété en hommes et en chevaux, le régiment se regroupe au sud de CHALONS puis
aux environs de St- DIZIER.
Après un séjour dans la région de VERDUN, de février à juillet, le régiment est dispersé.
Les 1er, 2ème, 3ème et 4ème escadrons sont dans la SOMME, les 5ème et 7ème escadrons restent avec le 11ème du côté
des EPARGES. En octobre, les escadrons rejoignent l'ARGONNE dans divers secteurs.
Le 11 novembre, l'Etendard reçoit des mains du Général GOURAUD, Commandant la IVème Armée, la croix de guerre avec palme.
Le Régiment est
réorganisé , utilisé à pied, il arrive en 1917 au Chemin des Dames et en Champagne, devant BRIMONT et CORNILLET
Le 14 juillet 1917, l'Etendard défile à PARIS.
En août, chaque escadron devient divisionnaire:
Le 1er avec la 14ème DI
Le 2ème avec la 164ème DI
Le 3ème avec la 41ème DI
Le 4ème avec la 128ème DI.
Le 11ème, partie à cheval, partie à pied (les Escadrons étaient répartis dans les divisions d'Infanterie) résiste aux
grandes offensives allemandes. Il participe à pied à de nombreux coups de main et tient tout comme les unités d'infanterie des secteurs d'attaques.
Le Régiment est regroupé aux ordres du Colonel DODELIER pour un court séjour de
repos dans la vallée de la MEURTHE, au début 1918.
Le 18 juillet, il passe à la contre-attaque et enfonce les lignes adverses, sa marche victorieuse ne s'arrêtera qu'à l'Armistice.
La France encore une fois était sauvée.
A la fin de la guerre, chaque Escadron a obtenu une citation:
Le 1er escadron est cité à l'ordre du régiment:
"Escadron d'une division d'attaque, a, sous les ordres du Capitaine TOURETTE, participé avec un allant remarquable à toutes les opérations de la
division. Pendant les attaques a assuré les liaisons sous les bombardements les plus violents.
Après la réussite des opérations entre MARNE et VESLE, entre AISNE et
MEUSE, poursuivant l'ennemi en retraite, maintenant étroitement le contact, débordant et même attaquant ses points d'appui, menant le combat à pied jusqu'à l'arrivée de l'infanterie, empêchant l'ennemi de
s'arrêter sur les positions préparées, le contraignant à hâter sa retraite, transformant sur les ponts de la MEUSE un repli en panique, le 1er escadron du 11ème Chasseurs a affirmé de la façon la plus brillante les splendides qualités
de la cavalerie française."
Le 20 janvier 1919.
Le Lieutenant Colonel Commandant le 11ème Chasseurs, Signé: AUDIBERT.
Le 2ème escadron est cité à l'ordre de l’armée:
"Escadron divisionnaire très allant et animé d'un grand esprit de dévouement, cherchant toujours à s'employer pour le plus grand profit de
l'infanterie.
Sous le commandement du Capitaine ARGOUD, a toujours exécuté ses missions dans de parfaites conditions. S'est particulièrement distingué pendant
les opérations de guerre de mouvement de la division, depuis le mois de mai 1918 jusqu'à la fin des hostilités."
Aux armées, le 10 décembre 1918.
Le Général Commandant la VIème Armée, Signé: DEGOUTTE.
Le 3ème escadron est cité à l'ordre de l’armée:
"Le 2 août 1918, s'est audacieusement emparé du village de SAPONAY, puis dépassant au galop le bois d'ARCY, les villages de RUGNY et de FOUFRY, a mis en fuite les arrière-gardes ennemies, facilitant ainsi la progression de l'infanterie. A continué à talonner l'ennemi les 3 et 4 août 1918, sous les ordres du Capitaine BOURDIN, a précipité sa retraite jusqu'au delà de la VESLE."
Le 12 octobre 1918.
Le Général Commandant la Xème armée, Signé: MANGIN.
Le 4ème escadron est cité à l'ordre de la 128ème Division d'Infanterie:
"Unité animée du plus bel esprit militaire, pleine de mordant et d'ardeur, s'est dépensé sans compter au cours de la campagne pour remplir avec succès toutes les missions qui lui ont été confiées. Sous le commandement de son chef, le Capitaine ARNOUS-RIVIERE, et avec l'appui de la section de mitrailleuses commandée par le lieutenant BOHRER en assurant, dans des conditions difficiles, la liaison entre la division et les unités voisines, ou en poussant des reconnaissances hardies qui ont éclairé l'infanterie et donné au commandement les renseignements les plus précieux."
Le 18 novembre 1918.
Le Général Commandant la 128ème DI, Signé: SEGONNE
Avec les Troupes Françaises victorieuses pénétrant en Allemagne, le 4ème Escadron, en tête de la colonne, défile dans AIX-LA-CHAPELLE et assure une garde d'honneur à l'Etendard du 11ème Chasseurs, qui reçoit la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre sur la place de la mairie devant la statue de Charlemagne.Le Régiment est cité une deuxième fois à l'ordre de l’armée:
"Unité animée du plus bel esprit militaire plein de mordant et d'ardeur. S'est dépensé sans compter au cours de la campagne pour remplir avec succès toutes les missions qui lui ont été confiées en particulier au cours des dernières opérations."
Mais le séjour en Allemagne devait être court. Au début de 1919 son départ est imminent. Avant de quitter la région occupée, le Lieutenant Colonel AUDIBERT a tenu à rassembler une importante fraction de son Régiment devant Düsseldorf pour présenter les Chasseurs à l'Etendard, lui permettant de réaliser le voeu formé par la Cavalerie française depuis un demi-siècle d'aller à "l'abreuvoir du Rhin".
" Voici votre étendard...
Maintenant, cavaliers, descendez vers le fleuve,
Avancez dans les flots;
Car il doit être écrit au livre de l'Histoire,
Les Chasseurs à cheval de VESOUL ont fait boire
dans le RHIN leurs chevaux."
Peu après, le 11ème rentre à Vesoul, où il pourra inscrire sur le marbre le nom de 15 Officiers, 16 sous officiers, 96 Brigadiers et Chasseurs glorieusement tombés depuis le 9 août 1914.
Les Chefs de Corps
du
11ème Régiment de Chasseurs
durant la première guerre mondiale.
de 1913 à 1917 Colonel DURAND Alexandre
de 1917 à 1918 Colonel DODELIER Henri Charles
de 1918 à 1919 LCL AUDIBERT Louis
A la MEMOIRE des HOMMES du 11ème CHASSEURS
tombés glorieusement pour la Patrie
(1914-1918)
Suivant les listes parues dans l’historique « 11ème Régiment de Chasseurs »
par le lieutenant-colonel Le MOINE de MARGON
imprimerie et librairie de Login VESOUL (1928)
« Le Général COMPAGNON adjoint au Gouverneur Militaire de Paris, fils du Colonel COMPAGNON ayant commandé le 11ème régiment de chasseurs de 1926 à 1933 a retrouvé dans les souvenirs de son père, un historique du 11ème chasseurs, qu’il a fait parvenir au régiment » VLB n° 286 du jeudi 29 juillet 1971.
Remises à jour et corrigées à Berlin en 2006, suivant le fichier « mémoire des hommes »
du Secrétariat Général pour l’Administration – Ministère de la Défense.
OFFICIERS
AMYOT D’INVILLE Jacques Edouard Marie Capitaine 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GAUTIER de CHARNACÉ Louis Marie Hubert Lieut./Re 22 août 1914 Ouesso (Congo) tué à l’ennemi
DECOEUR Joseph Victor Lieut. 05 sept. 1914 Le Chipal tué à l’ennemi
PREISS Jean Georges S.-lieut. 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
ISLE de BEAUCHAINE Georges Marie Raoul Lieut. 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
WATERLOT Maurice Francois S.-lieut/Re 08 mai 1916 Verdun (Meuse) tué à l’ennemi
REULLIER Jean Lucien Paul S.-lieut. 04 mai 1917 Champ du seigneur porté disparu
De BAZELAIRE de RUPPIERE Marie Joseph Lieut. 25 sept. 1915 Souain (Marne) tué à l’ennemi
SAVEL Charles Ange S.-lieut. 25 sept. 1915 Champagne (Marne) tué à l’ennemi
BAYERLET Louis Eugène Henri S.-lieut. 08 août 1916 Hem-Monaco Somme tué à l’ennemi
TRIBOULET François Edmond Marcel Lieut. 24 août 1916 Somme tué à l’ennemi
Le GENTIL Gabriel S.-lieut. 04 mai 1917 Cauroy N-O Reims tué à l’ennemi
BONNET Abel Victor Gabriel S.-lieut. 21 juill.1918 secteur sud de l’Aisne tué à l’ennemi
FORQUET Henri Gabriel Alfred S.-lieut. 14 févr.1918 sect. du poivre (Marne) tué à l’ennemi
DUSAPIN Georges Paul Louis Alphonse S.-lieut. 17 mai 1918 Somme au cours d’un combat aérien
SOUS-OFFICIERS
CUENARD Emile Armand M.d.logis 26 juin 1918 ambulance 226 (Oise) blessures de guerre
DODIVIERS Louis Adjudant 23 juill. 1917 chemin des Dames
DUTHU Paul Louis Alphonse Ad.-chef 16 sept. 1918 ambulance 268 (Aisne) blessures de guerre
LAPLANCHE Claude Charles M.d.logis 02 sept. 1914 grande goutte (Vosges) tué à l’ennemi
VERIOT Maurice Victor Camille M.d.logis 21 sept. 1914 hopital du Bourget blessures de guerre
LANQUETIN Jules Charles Hubert Constant M.d.logis 25 sept 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
CARREZ Maurice Léon Julien M.d.logis 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
CUENOT Léon Joseph Férieux M.d.logis 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GIRARDOT Albert Camille M.d.logis 03 juin 1915 Confrécourt (Aisne) tué à l’ennemi
COYNE Urbain Emile Henri M.d.logis 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
LEIMBACHER Louis Edgard Arthur M.d.logis 28 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
KARM Charles Joseph M.d.logis 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
PICHON Jean M.d.logis 07 juin 1916 amb. 917 (Marne) blessures de guerre
JEANNIN Paul Marcel M.d.logis 21 août 1916 amb. 91 (Esingheim) blessures de guerre
MAIRE Henri Marie Edmond M.d.logis 04 sept. 1918 est église de Courcelles tué à l’ennemi
FISCHER René Louis M.d.logis 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BRIGADIERS et GRADÉS
GOLL René Brigadier 12 sept. 1914 La Behouille (Vosges) blessures de guerre
BONNETAIN Alphonse Marius Brigadier 14 sept. 1914 Combremont (Vosges) blessures de guerre
DECOLLE Philibert Brigadier 17 mars 1915 Berny-Rivière (Aisne) blessures de guerre
BONDENET François Zéphirin Adolphe Brigadier 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BURELLO Albert Louis Brigadier 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GENETIER Pétrus Brigadier 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
FISCHER Charles Auguste M.d.logis 12 oct. 1915 Hopit. Chambéry blessures de guerre
CORNILLON François Claudius 1ère Classe 09 août 1914 Richwiller (Alsace) tué à l’ennemi
THONNERIEUX Joannès Stéphane 1ère Classe 14 sept. 1914 Hopit. Breisach blessures de guerre
COLICARD Marcel Joseph Paul 1ère Classe 03 mai 1915 Hopit. Bussang blessures de guerre
BARIANT Martial Philippe Brigadier 20 sept. 1915 Hopit. de Paris blessures de guerre
BOUCARD Joseph Félicien 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
DUBRET Armand François 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GIRARDIN Auguste Albert 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GRANDPERRIN Justin Marie 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
HOSATTE Henri Philippe 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
MOUREY Paul Joseph 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
MICHENON Auguste Constant 1ère Classe 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GENTON Marie Celestin Auguste Paul 1ère Classe 27 sept. 1915 Cuperly (Marne) blessures de guerre
CHAMBEFORT Joseph Emile 1ère Classe 29 sept 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BURGET Paul Xavier 1ère Classe 15 déc. 1915 Epernay (Marne) blessures de guerre
BELFILS Georges Frédéric 1ère Classe 02 mars 1916 au nord de St-Dié tué à l’ennemi
GRAFFE Charles Henri 1ère Classe 05 mars 1916 Hopit. St-Dié blessures de guerre
CARRON Claudius 1ère Classe 15 mars 1916 Blécourt (Meuse) ambul.156 éclat d’obus
CARILLON Emile Marcel 1ère classe 25 juill. 1918 Bois des tournelles (Aisne) tué à l’ennemi
VIVENOT Georges Albert 1ère Classe 02 oct. 1917 Verdun (Meuse) éclat d’obus
BONNET Joseph Louis Alphonse 1ère Classe 05 oct. 1918 Haringhe (Begl) mal. contractée en service
BOULEY Léon Théodore 1ère Classe 15 mars 1916 ambul. 613 Blécourt blessures de guerre
CHAMPONNOIS Eugène Justin Léon 1ère cLasse 06 nov. 1918 Radugheim (Allem) blessures en captivité
CAVALIERS du 11ème CHASSEURS
CAMPREDON Henri Auguste René 09 août 1914 col de Loutschpach (Vosges) tué à l’ennemi
BARUET Mérille 22 août 1914 Logelbach (Alsace) tué à l’ennemi
DUSSUD Joannès 11 août 1914 à l’est de Traubach (Alsace) tué à l’ennemi
AUGER Jules 23 août 1914 Battenheim (Alsace) tué à l’ennemi
MASSON Léon Joseph Eugène 23 août 1914 Battenheim (Alsace) tué à l’ennemi
KIRSCHGASSNER Georges 23 août 1914 Battenheim (Alsace) tué à l’ennemi
HUGONOT Ernest 02 sept. 1914 Battenheim (Alsace) tué à l’ennemi
WATTRE Pierre Jacques 02 sept. 1914 combat de le Chipal tué à l’ennemi
LALLEMAND Achille Joseph 02 sept. 1914 combat de le Chipal (Vosges) tué à l’ennemi
GUY Marie Louis Georges 04 sept. 1914 La Chapelle (Oise) tué à l’ennemi
MARECHAL Emile 05 sept. 1914 La Chapelle (Oise) tué à l’ennemi
RACENET Camille Jules Henri 07 sept. 1914 Ormoy (Oise) tué à l’ennemi
GABON Paul 11 sept. 1914 Morte-Fontaine (Oise) tué à l’ennemi
DECELLE Elie Valentin 13 sept. 1914 Fontenoy (Aisne) tué à l’ennemi
DUTRONCY François 26 oct. 1914 Hopit. de Boulogne sur Mer accident survenu en service
BOILLIN Jules Louis Léon 04 avril 1915 ambulance 7 Berny-Riviére (Aisne) blessures de guerre
CHAUPRÉ Justin 17 août 1915 abords châlet Ammes (Alsace) tué à l’ennemi
LONCHAMP Alix Maurice 16 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
PICHOT Henri Félicien 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
ROTROU Joseph Désirè 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
RUSCA Jules Paul 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
TREMBLAY André Jean François 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
JUNCKER Emile 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
CAMELIN Emile 25 Sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
HUGUET Auguste 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
CHOLLEY Emile Auguste 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
DEJOINT Antoine 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
DUPERRON Simon Jean Elie 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
VIELLET Abel Joseph 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
DORNIER Paul Emile Marius 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
ALAMARGOT René 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
AVET Charles Albert 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BAZARD Albert Jules Eugène 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BUET Paul Eugène 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
GALLOIS-GARREIGNOT Louis Charles 25 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
MILLE Armand Victor 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BARBIER Joseph 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
MARTIN Auguste 29 sept.1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
BÉAL Eugène 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
CLAUDET Emile Vital 29 sept. 1915 la ferme de Suippes (Marne) blessures de guerre
DESCOMBES Jean Prosper 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
PERRIN Louis Pierre Joseph 29 sept. 1915 la ferme de Suippes (Marne) blessures de guerre
HUTIN Jules Louis Anatole 29 sept.1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
LODS Charles Jules 29 sept. 1915 St-Hilaire-le-Grand tué à l’ennemi
JOLY Alphonse 01 oct. 1915 St-Hilaire-au Temple tué à l’ennemi
BOUZU Joanny Cormille 03 oct. 1915 Châlons sur Marne blessures de guerre
ADROIT Paul Henri 12 oct. 1915 Hotel Dieu de Lyon blessures de guerre
DUMAS Claude Marie 02 nov. 1915 Bellemagny (Alsace) ambul.563 blessures de guerre
BEAUCHERON Georges 07 nov. 1915 Châlons sur Marne
PREQUIN Georges Auguste 30 dec. 1915 ambul. 358 Moosch (Alsace) blessures de guerre
WYMANN Aloise Emile 14 mars 1916 Bois Bourru (Meuse) tué à l’ennemi
VITOU Frédéric Emile 03 mars 1916 Verdun (Meuse) blessures de guerre
GUSTION Joseph 14 nov. 1916 Melzicourt
PETITÉ Léon Anatole 04 oct. 1915 Hopit. auxil. 4 de Lyon blessures de guerre
COUDURIER-CURVEUR Alphonse Pierre 14 nov. 1916 Melzicourt (Marne) tué à l’ennemi
BRUNET Adolphe 03 mai 1917 Champagne (Marne) tué par éclat d’obus
LAMOTTE Georges Marcel 05 mai 1917 ambul 229 à Pompey blessures de guerre
MEUNIER Irénée 19 oct. 1917 centre hospitalier deSouilly blessures de guerre
BARBIER Elie Désiré 20 nov..1917 Verdun (Meuse) tué à l’ennemi
MASSOT Louis Paul 21 nov. 1917 ambul. 1022 à Bevaux blessures de guerre
DUPAS Albert 22 juill. 1918 Perouse Com.de Jouarre blessures de guerre
LEROY Georges 21 août 1918 combat de l’Oise à l’Aisne tué à l’ennemi
MIRANDON Régis 03 oct..1918 champ de bataille de Belgique tué à l’ennemi
PETITJEAN Xavier Joseph Emile 02 nov.. 1918 Nord-Ouest de Morhaaglock (Belg.) tué à l’ennemi
VERMOREL Antoine 30 jan..1919 ambul 208 Grévenbreick maladie contractée au front
PARET Albert 05 sept. 1916 hotel Dieu Châlons sur Marne accident service commandé
DODIVERS Louis Léopold 25 juill. 1918 combat de la Grange (Aisne) tué à l’ennemi
(remarque : les noms en italiques correspondent à l’absence de fiche auprès du Ministère de la Défense, noms mal orthographiés dans l’historique de 1914-1918)
Citation.
Ordre numéro 436
Le Général Cdt la IVè Armée cite à l'ordre de l’armée
le 11ème Régiment de Chasseurs.
" Commandé par le Colonel DURAND Alexandre, ayant reçu l'ordre de suivre au plus près les attaques de l'Infanterie sur l'Epine de Védegrange le 25
septembre 1915, a exécuté cet ordre avec une magnifique audace menant la charge quelques minutes seulement après le départ des vagues d'assaut jusqu'aux fils de fer de la position ennemie malgré un tir violent de l'artillerie
ennemie.
A suivi pas à pas pendant cinq jours l'Infanterie ennemie dans la bataille, mettant en oeuvre tous ses moyens pour coopérer à l'action."
Le Général Commandant
La IVè Armée
De Langle de Cary.
Citation.
Ordre numéro 685
Le Général Cdt la VIè Armée cite à l'ordre de l’armée
le 11ème Régiment de Chasseurs.
"Unité animée du plus bel esprit militaire, plein de mordant et d'ardeur. S'est dépensé sans compter au cours de la campagne pour remplir avec succès
toutes les missions qui lui ont été confiées, en particulier au cours des dernières opérations.
Après avoir contribué en Mai - Juin 1918, à arrêter les progrès de l'ennemi au Nord de la MARNE, protégeant le débarquement de
l'infanterie et préparant son entrée en action par des reconnaissances hardies, a fait preuve, dans l'offensive ultérieure et dans la poursuite, tant sur l'AISNE que sur l'ESCAUT et sur la MEUSE, des plus belles qualités
militaires, maintenant étroitement le contact, enlevant des points d'appui, harcelant l'adversaire sans répit contribuant à hâter sa retraite et s'attribuant par sa liaison intime avec l'infanterie, une participation
importante au succès final".
Au Q.G.A., le 15 Janvier 1919.
Le Général Commandant la VIè Armée.
Signé: DEGOUTTE
Les Chefs de Corps
du
11 ème Régiment de Chasseurs à cheval
de la première à la seconde guerre mondiale
de 1919 à 1921 Colonel DEJUSSIEU
de 1922 à 1924 Colonel MEJER
de 1926 à 1933 Colonel COMPAGNON
de 1933 à 1934 Général CHODERIOS de LACLOS
de 1934 à 1935 Colonel BIZOT-ESPIARD
de 1935 à 1939 Colonel de CONTENSON
en 1939 Colonel de SAINT-DIDIER
LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE (1939-1945)
La guerre de 1914-1918, qui avait profondément touché l'Europe, semblait cependant assurer la paix, mais celle-ci ne devait pas résister longtemps au fanatisme
nazi.
A la mobilisation de 1939, le 11ème Chasseurs éclate en plusieurs groupes de reconnaissances:
-G.R.C.A. n. 9 : VIIe C.A.
-G.R.D.I. n.17 (à cheval) : XIIIe D.I.
-G.R.D.I. n.25 (à cheval) : XIVe D.I.
-G.R.D.I. n. 4 (motorisé) : XVe D.I.
Le 9ème groupe de reconnaissance de corps d'armée est formé par le 11ème R.C.C (VESOUL) et le centre mobilisateur de cavalerie n. 7 (CMC 7) de VESOUL, LURE, MONTBELIARD. Il est affecté au VIIème
CA sous les ordres du Colonel de BOUGLON.
- De septembre 1939 à mai 1940, il est en mission de surveillance en ALSACE. Il fait mouvement de DELLE sur AVIZE (Marne) et stationne dans la région de FAVEROLLES du 21 mai au 5 juin 1940. E.M
et G.E.M sont mis à la disposition de la 7ème DI pour couvrir son repli à CROUY (Aisne) les 6 et 7 juin. Rendus au VIIème CA. Engagements défensifs violents à MAREUIL-EN-DOLE et FERE-EN-TARDENOIS du 8 au 10 juin 1940.
- Le 2ème escadron
est en mission de liaison de sûreté avec la 27ème DI, dans la région de NESLES-VANDIERES (Marne) les 10 et 11 juin. - Opérations du G.E.M, coupé de G.R. Passage de la Marne à MONT-SAINT-PERE et CHATEAU-THIERRY sous les bombardements
aériens et des attaques de blindés du 10 au 13 juin 1940.
- Opérations du 1er escadron, détaché le 23 mai à la garde du PC du VIIème CA. Défense de la VESLE à JONCHERY. Repli en combattant sur ROSNY, JOUY-LES-REIMS, DAMERY-CONGY du 9 au
12 juin.
- Regroupement des restes des escadrons à IGNY-le-JARD sur le Petit-Morin ( 12 officiers et 250 cavaliers) du 13 au 16 juin.
- Repli sur CONNANTRE. Les unités de nouveau disloquées par la pression allemande refluent
isolement, subissent de lourdes pertes.
- Marche du G.E.M: repli de CONNANTRE sur ARCIS-sur-AUBE, BAR-sur-SEINE, TONNERRE, MOULINS, CLERMONT, AMBERT, VILLEMANDE, BILLANGES les BOURGNEUFS.
- Marche du 1er escadron: mis en mouvement
sur ANGLURE (Marne) coupé par une colonne ennemie, fonce, cherche un passage sur la SEINE qu'il franchit à CLEREY. Se repli sur CHAOURCE, MONTBARD où après une reconnaissance hardie pour couvrir un bataillon du 3ème R.I.C et un combat
de 7 heures, il reçoit l'ordre de mettre bas les armes. ( 14-06 au 17-06-40)
- Marche du 2ème escadron: repli en combattant sur ANGLURE et COURCEMAIN, enlève de haute lutte le pont de CLEREY occupé (16-06-40), retraite sur la forêt
d'AUMONT. Talonné par les chars ennemis, parvient à LAIGLES (Côte-d'or), se bat sans répit à VILLAINES en DUESMOIS, SEMOND, ESSAROIS, AIGNAY et parvient à BUSSEROTTE où, malgré l'armistice, il est capturé et transféré au camp
de LONGWIC (14-06 au 01-07-40)
- Il est dissous le 23 juillet 1940.
Le 4ème groupe de reconnaissance de division d'infanterie, formé par le 11ème R.C.C (VESOUL) et le CMC 7 (VESOUL). Affecté à la 15ème division d'infanterie
motorisé sous les ordres du Général JUIN, commandé par le Colonel de SAINT-DIDIER puis le Colonel ARLABOSSE (14-04-40)
- En couverture devant la ligne MAGINOT, à l'est de BITCHE. (12-09-39).
- Avant poste sur la LAUTER entre WISSEMBOURG et LAUTERBOURG (octobre 1939).
- Regroupement dans la région de CHAUNY ( février 1940).
- Manœuvres de la Dyle: participe, dans le cadre de D.I.M, à l'organisation défensive de
GEMBLOUX (PERWEZ-BOIS du BUIS).
- Rattaché successivement au corps de cavalerie puis à la 3ème D.L.M (2ème cuirs- LCL du VIGIER).
- Défense de la SAMBRE entre NAMUR et CHARLEROI dans un groupement de GR (7ème GRCA, 4ème et 80ème
GRDI), mis à la disposition de la 2ème DLM (15-05 au 16-05-40).
- Défense de la SAMBRE entre CHARLEROI et MAUBEUGE (43ème DI) (17-05-40).
- Couverture de la 15ème DIM à DONS (18-05-40).
- Couvre le repli sur VALENCIENNES.
- Mis à la disposition de la 25ème DI au nord de CAMBRAI, au contact, et sur la SENSEE (21-05 au 23-05-40).
- Opérations offensives sur CAMBRAI (22ème DI) avec le 3ème GRCA.
- Rattaché à la 4ème DI (Général MUSSE) pour l'étayer sur l'ESCAUT entre MASTAING et DENAIN (25-05-40).
- Protection de la 4ème DI dans son décrochage de l'ESCAUT et son repli sur la Scarpe (25-05 au 26-05-40).
- En
action retardatrice de MARCHIENNES (du 27 au 29-05-40) sur SAINT-AMAND puis entre SCARPE et LILLE au bénéfice du IVème corps d'armée (15ème DIM et 4ème DI). Engagements violents et incessants au sud de LILLE, à TEMPLEMARS et combats de
rues dans les faubourg au sud-ouest de LILLE.
- Des éléments, sous les ordres du CES de MOUSTIERS, réussissent à s'embarquer à DUNKERQUE. Débarqué à CHERBOURG (le 02-06-40), son groupe intact a marché et combattu d'EVREUX à
TOULOUSE (jusqu'au 27-06-40).
- Dissous le 25-07-40 à SAINT-LAUTIER (Haute-Garonne) pour former le 7ème régiment de chasseurs de l’armée d'armistice. (constitué en août 1940 à Carcassonne puis à Nîmes (15ème DM) il
appartient à la brigade de réserve générale du 1er groupe de division militaire (PC à VIENNE). Démobilisé en novembre 1942).
L'escadron D'AMD avait été cité à l'ordre de l’armée.
Ordre numéro 211/C
" L'escadron AMD du 4ème GRDI, remarquablement entraîné par son chef, le Lieutenant BION. Dans la journée du 26 mai, en chargeant l'ennemi avec ses
trois AMD, a dégagé le Colonel du 46ème RI encerclé dans son PC à MASTAING. A, pendant 22 heures, les 27 et 28 mai, au contact permanent de l'ennemi, assuré la protection absolue de la colonne d'infanterie dont il a couvert
l'arrière-garde sur un parcours de 32 kilomètres. Enfin, dans la nuit du 28 mai, a assuré l'avant-garde pendant la traversée des lignes allemandes, en sortant victorieusement de chaque rencontre avec l'ennemi et en laissant sur
le terrain 5 véhicules sur 7".
Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec palme.
Le 2 septembre 1940.
Signé: WEYGAND Général Commandant en Chef, Ministre, Secrétaire à la Défense Nationale.
(Citation homologuée par l'inscription au "J.O" du 28 août 1941, page 556)
Le 17ème groupe de reconnaissance de division d'infanterie, est formé par le 11ème R.C.C (VESOUL) et le CMC n. 7 (VESOUL, LURE), il est affecté à la 13 DI, sous
les ordres du CES GUILLAUMIE.
- Garde et surveillance de la frontière à FRIESEN, HAGENTHAL, LEYMEN, LIBENSWILLER où il relève le 25ème GRDI (22-08 à fin novembre 1939).
- Embarqué à destination de VILLERS (Somme). Reconnaissances, couverture des mouvements de la 13ème DI.
- Repousse les reconnaissances ennemies qui ont passé la SOMME (21-05 au 02-06-40).
- Attaque massive ennemie sur le front
PICQUIGNY-POIX. Le GR appuie le 60ème RI, reprend seul de haute lutte SAINT-CHRIST, FOURDRINOY, la ferme des ROMONTS, repousse l'ennemi à CAVAILLON. La DI est contrainte de se replier, le GR résiste puis amorce son décrochage sous la
protection de ses derniers éléments qui luttent à SAISSEMONT et SAISSEVAL.
- Brillante action de l'escadron hippo à FRICAMPS et THIEULLOY-L'ABBAYE. Capture du Cdt du GR dans une embuscade à MOYENCOURT.
- Couvre la retraite de
la DI sur l'axe BOVELLES (Somme) ERQUENNES, LEHAMEL, SOMMEREUX (Oise), MAFFLIERS, SOISY sous MONTMORENCY, LONGPOINT, LAGNY, PUISEUX (Seine et Oise) et QUIERS (Seine et Marne) (05-06 au 16-06-40).
Franchit la Loire à CHATEAUNEUF et à
JARGEAU et forme bouchon sur la route de VALENCAY (LA ROCHE-ROSAY) (17-06 au 21-06-40).
Le 25ème groupe de reconnaissance de division d'infanterie, est formé par le 11ème R.C.C (VESOUL) et le CMC n. 7 (VESOUL, LURE). IL est affecté
à la 14ème DI des Généraux BOUFFET et de LATTRE de TASSIGNY, il est commandé par le Lieutenant Colonel COURTOIS.
- Mission de couverture face à la SUISSE (01-09 au 15-12-39).
- Fait mouvement sur la SARRE (HANBACH-GROSBLIEDERSTROFF) (16-12-39).
- Groupes francs, raids et reconnaissances (29-01-40).
- Coup demain au bois de STYBERG (06-04-40).
- Fait mouvement vers LUNEVILLE en réserve de DI. Se porte sur l'AISNE:
escadron hippo à NOUVION-PORCIEN en surveillance (patrouilles vers SIGNY-L'ABBAYE).
escadron moto sur la ligne LAUNOIS-LA-CASSINE
escadron mitrailleuses et canons en positions défensive de RETHEL au nord de l'AISNE.
- Mission d'arrêt de la progression des blindés ennemis (16-05-40).
- L'escadron hippo doit se replier de CHATEAU-PORCIEN où le Capitaine de MOIDREY est fait prisonnier.
- Défense du secteur entre TAISY et ACY.
- Le GR, relevé, se regroupe dans les bois au sud de PERTHES (21-05-40).
- Rejoint VILLE-sur-RETOURNE et BIGNICOURT (07-06-40).
- Offensive allemande sur l'AISNE (09-06-40).
- Le GR fait retraite (11-06-40).
- Repli en direction de TONNERRE (15-06-40), puis ARNAY-le-DUC, MOULINS, MONTAIGUT où il
rallie ses éléments dispersés. - Dirigé sur CHIDRAC (Puy-de-Dôme) puis ISSOIRE (20-06-40).
- Reçoit l'ordre de cesser le feu (24-06-40).
Le groupe franc du 25ème GRDI (Capitaine TROCHU) a été cité à l'ordre de la 14ème DI par
le Général de LATTRE pour les reconnaissances en profondeur effectuées en février 1940.
Le Capitaine GERAT (Commandant l'escadron de mitrailleuses et canons de 25) a été cité à l'ordre de la VIème Armée par le Général TOUCHON
pour son attitude magnifique au cours de reconnaissance à longue portée dans les lignes allemandes le 5 juin 1940.
Tous les groupes de reconnaissances sont dissous après l'armistice. Durant un mois et demi, de la mer du nord à
l'Alsace, ils renseignaient et couvraient les grandes unités auxquelles ils étaient attachés. En pointe d'avant-garde comme en extrême arrière-garde, ils furent toujours, les premiers comme les derniers, au contact d'un
adversaire plus puissamment armé. Sous leurs soutaches, les Chasseurs à cheval d'Active ou de Réserve ont accompli les missions qui leur incombaient, aussi mordants à l'attaque que stoïque sous les plus violents bombardements dans
la défense.. Dispersés par les coups de boutoir, ils ont continué à s'accrocher désespérément et l'Histoire de ces faits d'armes individuels ne sera jamais écrite.
Avec la dissolution des G.R. qu'il avait formés,
l'occupation de VESOUL met pratiquement fin au 11ème Chasseurs à cheval. Seules restaient dans son ancienne garnison quelques reliques pieusement dissimulées pendant l'occupation allemande.
Il faudra attendre la campagne de la libération pour que renaisse le Régiment en 1945.
RECONSTITUTION du REGIMENT dans le PALATINAT (1945-1947)
Le 11ème Régiment de Chasseurs est créé sur le type "Régiment de reconnaissance de division blindée", en exécution des prescriptions de la D.M n. 618
E.M.G.G./1 du 19 janvier 1945.
Il est mis sur pied par la 12ème Région Militaire, à Châteauroux.
Le procès verbal de formation est établi à compter du 16 janvier 1945, les premiers éléments du régiment provenant du personnel
cavalerie ou chars se trouvant au Bataillon d'Instruction de l'Indre, dissous à la formation du corps.
Le Régiment, aux ordres du chef d'escadrons LATHIERE, est constitué avec les cadres et troupes appartenant aux mouvements
de résistance de l'Indre fusionnés à la libération de ce département; ils ont participé pour la plupart aux derniers combats livrés de juin à septembre 1944.
"Vêtus de tenues de couleurs disparates qu'uniformisait à peine le cache - misère vert forestier, mal équipés, à peu près démunis du strict minimum
indispensable, les hommes portent fièrement leurs armes reçues au cours des parachutages, regardent les chefs dans les yeux, ayant au fond du coeur cette ardeur et cette flamme qui les avaient conduit à se grouper pour participer dans la
mesure de leurs moyens à la Libération de la Patrie.
Ces éléments constituent le 1/5ème de l'effectif du Régiment, cadres peu instruits, mais pour la plupart
utilisables et pleins de bonne volonté, troupe possédant le minimum de connaissances militaires pour aller au feu, ayant tout à apprendre de leur nouvelle spécialité. Peu ou pas de matériel d'instruction, pas d'outillage, pas
d'atelier. Linge de rechange, équipements, savon, assiettes ou gamelles, plats de campements manquent.
Les quartiers sont encombrés de détritus de toutes sortes laissés par le boche ou les unités de toutes natures les ayant
utilisés depuis octobre; le matériel de literie, dans un état de saleté repoussante, traîne dans les différents locaux ou à l'extérieur; portes sans serrures, chambres sans éclairage, sans carreaux, aux murs de couleur indéfinissable,
partout des ordures, voila l'ambiance des quartiers BORDESSOULES, RUBY et BERTRAND affectés au Corps.
Administrer, recruter, organiser, puis animer, armer, équiper et instruire les cadres et la troupe constituent les différents
étapes de la mise sur pied du Régiment. Mission passionnante pour un Chef dans une période où tout est rare, où tout se gagne ou se mérite par un patient effort de volonté, de générosité, de compréhension et de coeur.
Deux ou trois
animateurs de premier plan, intelligents, travailleurs, tenaces; un noyau de chasseurs ardents, généreux, ne demandant qu'à s'employer et à s'instruire, c'est plus qu'il n'en faut pour entreprendre, poursuivre et
réaliser." (1)
Un embryon du 1er escadron et de l'E.H.R occupent les quartiers BORDESSOULES, les 3ème et 4ème escadrons sont constitués le 16 janvier 1945 à RUBY.
Le 6 mars
1945, le Général Inspecteur de la cavalerie contrôle le régiment: casernement, moyens d'instruction, matériels...Il constate le dénuement du régiment mais aussi les résultats des efforts fournis qui ont permis d'obtenir des
quartiers propres, des hommes bien tenus, travaillant à l'instruction. Il se déclare satisfait des résultats obtenus par l'utilisation efficace des très faibles moyens dont dispose le corps.
« Ces difficultés sont aggravées
par un nouvel obstacle. Il provient de la mauvaise interprétation par la 12ème Région des instructions ministérielles concernant la mise sur pied des régiments et des centres d’organisation de l’arme blindée.
Le 11ème
Chasseurs est pour la Région non seulement le régiment de reconnaissance de la 3ème DB, mais aussi le centre de regroupement de la cavalerie et de l’arme blindée voire même une annexe du C.O.A.B numéro 405 d’Orléans qui
travaille au profit des 5ème, 12ème et 13ème Régions. Cette confusion est la source de nombreuses difficultés qui entravent la mise sur pied du régiment déjà rendue délicate par la pénurie des cadres instruits et du matériel
indispensable » (1)
Le Chef de Corps reçoit l’étendard du régiment au cours d’une cérémonie à PARIS le 2 avril 1945. La présentation à l’étendard, le 8 avril, «
est considérée par tous comme une marque de confiance. Elle est aussi la belle récompense qui vient couronner les premiers succès. Qu’importent les difficultés à surmonter, les efforts à prodiguer, les sacrifices à consentir puisque
le Régiment a trouvé son âme. »
« La tâche à poursuivre reste lourde, elle est facilitée par l’atmosphère de confiance et camaraderie, de générosité, d’entraide dans laquelle chacun selon ses moyens et sa
place va oeuvrer dans l’intérêt de l’unité. Les cadres dont l’immense majorité détient des grades FFI remplacent par leur générosité et leur ardeur les lacunes de leurs connaissances techniques ou militaires. » (1)
Le 26 avril 1945, la création des 2ème et 5ème escadrons voit l'arrivée des premiers "BRENNS".
Le 5 juin 1945, le régiment, habillé de neuf et équipé
de BRENNS, camions et motos, quitte Châteauroux pour rejoindre la zone de regroupement de la 3ème DB.
A CLERCY, 15 kilomètres au sud-ouest d'Orléans, le régiment termine sa mise sur pied; perception de l’armement (F.M, PM
1938, MAS 36, mortier de 81mm, mitrailleuses T.34) d'automitrailleuses PANHARD, de BRENNS et LLOYDS, des munitions.
Aux ordres du Général de LANGLADE, la 3ème DB part en occupation. Elle se fragmente en groupes tactiques. C'est
ainsi que, le 1er septembre 1945, le 11ème Chasseurs forme avec le 6ème Cuirassiers, le G.R.T.D, commandé par le Colonel HUGUET.
Il cantonne provisoirement dans la région de Freisen (Kreis de BIRKENFELF au sud d'Idar-Oberstein). La
troupe est logée chez l'habitant. Les rapports entre français et allemands sont corrects.
Le 1er octobre 1945, le régiment quitte Freisen pour Traben-Trarbach, 20 kilomètres au nord-est de Bernkastel, dans la vallée de la Moselle.
Par suite de la réorganisation des troupes d'occupation en Allemagne, le 11ème Régiment de Chasseurs est dissous le 30 avril 1947 et son glorieux étendard rejoint les Invalides.
Les cadres et la troupe sont répartis dans divers
régiments; une partie forme un renfort destiné au Corps Expéditionnaire français en Extrême-Orient.
(1) Extrait du Journal de marche du 11ème Régiment de Chasseurs.
Les Chefs de Corps
du
11 ème Régiment de Chasseurs
après sa reconstitution en 1945, stationné
dans le Palatinat.
du 09/01/45 au 01/08/45 Lieutenant Colonel SALESSE-LAVERGNE
du 01/08/45 au 06/06/46 Colonel HUGUET
du 07/06/46 au 30/04/47 Lieutenant Colonel CONTAUD de COULANGE
Ordre de Bataille du 11ème Régiment de Chasseurs
créé sur le type "Régiment de reconnaissance de D.B"
à partir du 16 janvier 1945.
Le 11ème Régiment de Chasseurs, stationné dans le Palatinat, est en troupes d'occupation en Allemagne. (T.O.A), il est composé d’un escadron hors rang
(EHR/ECS) et de cinq escadrons de combat.
Au 16 janvier 1945, les officiers suivants commandent les escadrons:
Capitaine BEZARD EHR/ECS
Capitaine du TERTRE 1er Escadron
Capitaine de MARIN 2ème Escadron
Capitaine BORDES 3ème Escadron
Capitaine SEYS 4ème Escadron
Capitaine LIZERAY 5ème Escadron
En 1946, les officiers suivants commandent les escadrons:
Capitaine de MARIN EHR/ECS
Capitaine RAIFFAUD 1er Escadron
Capitaine DESPRES 2ème Escadron
Capitaine de la CHAPELLE 3ème Escadron
Capitaine MONNOT 4ème Escadron
En 1947, le Capitaine JOUANNIC remplace le Capitaine RAIFFAUD au 1er Escadron.
LES FORCES FRANÇAISES à BERLIN.
En application du protocole de Londres du 12 septembre 1944, les troupes alliés font leur entrée dans la ville en juillet 1945.
Les premières unités françaises,
dont les éléments précurseurs arrivent le 3 juillet avec le Général de BEAUCHESNE, occupent le camp des Cyclopes (futur camp FOCH) à Wittenau. Le secteur français, attribué à partir de deux arrondissements se trouvant initialement dans le
secteur anglais est alloué à partir du 12 août 1945 aux français. Les forces appartiennent à la 1ère Division Blindée. Elles comprennent des éléments du 49ème Bataillon d'Infanterie, des blindées du 7ème Régiment de Chasseurs
d'Afrique, une compagnie du Génie, une compagnie de Transmissions et un hôpital de campagne. Elles ne s'installeront au Quartier Napoléon, ancienne caserne « Régiment Général Göring », qu'à partir du 18 août 1945.
Le détachement de gendarmerie est créé le 1er juillet 1946.
Le 4 novembre 1947, le 46e bataillon d'infanterie arrive à Berlin.
1948 est l'année du blocus de Berlin. Les besoins du pont aérien incitent les Alliés à créer un
terrain d'aviation en secteur français, à Tegel. La base aérienne sera inaugurée un mois plus tard et un détachement de l’armée de l'air est créé à cette occasion.
En août 1949, le 11ème groupe d'automitrailleuses est
formé à partir de deux escadrons détaché à Berlin du 11ème Régiment de Chasseurs d'Afrique stationné à LACHEN-SPEYERDORF et deviendra, le 1er mars 1951, 11ème groupe d'escadrons de chars moyens, le 1er janvier 1955, 11ème Régiment
de Chasseurs à Cheval, puis le 1er juin 1963, 11ème Régiment de Chasseurs.
En 1968, une nouvelle structure est donnée aux forces françaises de Berlin avec la création d'un groupement des forces aux ordres du Colonel Adjoint pour le
commandement des troupes et services du secteur français de Berlin. Cette structure ne changera pas jusqu'au 3 octobre 1990, date de la réunification de l'Allemagne et de la suspension des droits et responsabilités des Alliés sur
Berlin. A cette date, le secteur français de Berlin disparaît. L'ensemble du dispositif français maintenu sur place à la demande des autorités allemandes prend l'appellation de " forces françaises stationnées à Berlin".
Il sera opérationnel jusqu'au 31 mars 1994, les 46ème Régiment d'Infanterie et 11ème Régiment de Chasseurs sont dissous et radiés de l'ordre de bataille le 15 septembre 1994 à 24h00. Les clefs du quartier Napoléon seront
remisent aux autorités allemandes de la Bundeswehr le 28 septembre 1994, le quartier prendra le nom de « JULIUS-LEBER-KASERNE » le 5 janvier 1995.
L'ETENDARD du 11ème REGIMENT de CHASSEURS
PRESENT à BERLIN de 1949 à 1994
Le 1er septembre 1949, est créé à Berlin, par décision numéro 8118 EMA-FAG/1/OS en date du 20 août 1949, le 11ème Groupe d’automitrailleuses.Ce 11ème G.A.M, composé d'un état - Major de Groupe, d'un peloton hors - rang administré par un escadron, ainsi que de deux escadrons d’automitrailleuses, provenant de deux escadrons détaché à Berlin, du 11ème Régiment de Chasseurs d'Afrique stationné à LACHEN SPEYERDORF.
Le 11ème G.A.M. reçoit en dépôt l'Etendard du 11ème Régiment de Chasseurs à Cheval.
Ses effectifs sont de 7 Officiers, 36 Sous - officiers, 255 Brigadiers et Chasseurs.
Le 1er mars 1951, le 11ème G.A.M. est transformé suivant la décision de
Monsieur le Ministre, en 11ème Groupe d'Escadrons de Chars Moyens. ( Décision ministérielle numéro 1720 EMA FAG/1/OS en date du 5 février 1951). Il comprend alors, un escadron de commandement et des services et deux escadrons de
combat. Ces deux escadrons de combat remplacent administrativement les 1er et 2ème escadron du 11ème G.A.M.
Ses effectifs théoriques sont portés à 19 Officiers, 76 sous-officiers, 389 Brigadiers et Chasseurs
Le groupe est équipé en
chars moyens et reçoit dans le courant du mois de mars, des éléments d'équipages de chars en provenance des 1er et 12ème Cuirassiers, du 2ème et 30ème Dragons, des 6ème, 7ème et 11ème Régiment de Chasseurs d'Afrique.
Le 1er
janvier 1955, le 11ème G.E.C.M prend le nom de 11ème Régiment de Chasseurs à Cheval, suite à la décision de Monsieur le Secrétaire d'état aux Forces Armées "Guerre", numéro 17.472/E.M.A/1.O.S en date du 23 novembre 1954.
Le général MANCEAUX-DEMIAU, Commandant le secteur français de Berlin, remet le 31 décembre 1954, au Lieutenant Colonel PIQUART commandant le 11. G.E.C.M, l'étendard du 11.régiment de Chasseurs à cheval.
Ses effectifs théoriques resteront inchangés, il effectuera du 22 février au 6 mars 1955, un séjour au camp de Stetten ( Zone sud F.F.A.).
Le 1er juin 1963, dans le
cadre de la réorganisation des régiments de Cavalerie, le régiment reprend son appellation ancienne et auréolée de gloire de:
11ème Régiment de Chasseurs.
Il comprend alors un escadron de commandement, un escadron d'instruction et deux escadrons de combat. A l'escadron d'instruction est rattaché le centre équestre de la garnison de Berlin.
Après les automitrailleuses
américaines M.8, les Half-track et les chars Sherman du début de sa reconstitution, le Régiment sera doté de chars A.M.X 13 tonnes équipés de missiles sol - sol,( de 1959 ). Il gardera les A.M.X 13 tonnes avec le canon de 75 mm jusque en
1972, percevra ensuite des chars A.M.X 13 tonnes avec le canon de 90 mm à partir du 25 septembre 1971 (ils arriveront à Berlin à raison de sept chars par mois, jusque en février 1972). Il sera enfin armé de chars A.M.X 30 tonnes en 1979.
Le 1er Escadron percevra les dix premiers A.M.X 30 tonnes le 2 août 1979.
Le 3ème Escadron du 11ème Régiment de Chasseurs sera reconstitué à Berlin en 1968 et ira occuper à côté du 2ème Escadron, les locaux laissés par le 11ème Escadron
lors de son déménagement en décembre 1969.
En 1970, il se voit confié l’étendard du 11ème Régiment de Chasseurs d’Afrique, dont il donna naissance en 1831, sur Ies plis de cet étendard sont inscrits en lettres
d’or les campagnes suivantes:
HAUTE-ALSACE 1944
STUTTGART 1945
Le 11ème Chasseurs d’Afrique occupera ensuite jusque sa dissolution en 1963, la région de Rhénanie en
Allemagne, il dénombra en outre parmi ses cadres, un jeune officier, le Chef de Peloton Jacques CHIRAC.
Le 11ème régiment de Chasseurs participe avec la garnison française aux services interalliés, suivant le protocole de Londres de
1944 ( gardes à la prison de Spandau de 1947 à 1987, patrouilles de zones le long du mûr de Berlin de 1961 à 1989; manoeuvres, défilés et rencontres de tirs interalliés à Berlin ect...)
Après la chute du mûr en 1989, les pelotons R.O.C
des escadrons de chars, n'ayant plus à leur charge les patrouilles zonales, seront regroupés à l'Escadron de Commandement pour formé avec celui-ci l'escadron de Commandement et de reconnaissance. Depuis 1990, le régiment
entretient de nouvelles relations avec la BUNDESWEHR (armée de la République fédérale allemande) qui fait son entrée à Berlin. Il entretient des bons rapports avec ses anciens de VESOUL depuis 1964 et contribue à la naissance de
la 8ème section de l’Amicale, directement sur place depuis fin 1989, reste jumelé avec la municipalité de Berlin-Reinickendorf jusque sa dissolution et laisse le 22 août 1994, un A.M.X 30 tonnes au nouveau musée des alliés situé sur
la Clayallée.
En 1994, l'Etendard du Régiment se verra embelli deux fois de suite avant la dissolution.
Le 26 mars, aux cours d'une prise d'armes, sur le stade Jeanne d'Arc du quartier Napoléon, le Général Klaus
Naumann , chef d'état-major des armées fédérales, remet la flamme aux couleurs de la République fédérale d'Allemagne, à l'Etendard, en présence du Chef d'état-major des armées, l'amiral LANXADE.
Le 27 mars à Tegel,
sur la Berliner Straße, l'Etendard reçoit de Monsieur DIEPGEN, maire gouverneur de Berlin, la flamme de la ville de Berlin, en présence de beaucoup d'autorités dont Monsieur CHEER, ambassadeur de France et du Général MONCHAL, chef
d'état-major de l’armée de terre. Les emblèmes des 46ème R.I et de la base aérienne 165 furent également embellis des mêmes distinctions à ces deux dates.
Le 31 mars 1994, le 11ème Régiment de Chasseurs cesse ses activités opérationnelles.
Le 22 juin 1994, lors d'une cérémonie régimentaire, en présence du Général BRULLARD, il fût remis aux personnels de l'EED1 de Sankt-Wendel, les
fanions des Escadrons du Régiment. Les traditions et les reliques furent ainsi transmis à cet Escadron, avant la cinquième dissolution du Régiment.
Le 14 septembre 1994, en soirée, une prise d'armes fût effectuée pour les
dissolutions. Elle fût la dernière manifestation française célébrée face au stade Jeanne d'Arc du Quartier Napoléon. Elle marqua aussi le départ du dernier général français des Forces Françaises Stationnées à BERLIN, le Général Jean
BRULLARD, les dissolutions du 46ème Régiment d'Infanterie et de la base aérienne 165 de Berlin.
Le 11ème Régiment de Chasseurs est radié de l'ordre de bataille de l’armée de Terre, dans le cadre de l’application des
dispositions de l’accord relatif à la présence des forces françaises, américaines et brita