Sire !, “ VOILA LES BONS “.
Les volontaires étrangers de WURMSER, troupes mixtes de cavaliers
et de fantassins, levés par le Maréchal de Soubise en 1762, forment en 1763 une légion à quatre escadrons.
En 1788, sous l’impulsion du Comte de Brienne, les Chasseurs de GEVAUDAN, créés en 1779 par réunion des escadrons de
la légion de Soubise, prennent le titre de « Chasseurs de Normandie » et deviennent 11ème REGIMENT DE CHASSEURS A CHEVAL.
De 1791 à 1815, le 11ème Régiment de Chasseurs à Cheval va participer presque sans interruption à toutes les
campagnes de la Révolution et de l’Empire.
Il charge à VALMY et à JEMMAPES (1792). Il est à NEERWINDEN, à MAUBEUGE, à WATTIGNIES
(1793) et contribue à la victoire de FLEURUS en 1794.
Le 3 décembre 1800,
emmené par son Chef de Corps, le Colonel BESSIERES, il charge quatre fois consécutives à HOHENLINDEN et enlève la décision.
En 1805, il s’illustre à ULM et à AUSTERLITZ, en 1806, à IENA et à LUBECK.
Le 22 novembre 1806, il défile victorieusement devant l’Empereur à BERLIN.
En mai 1807, après les durs combats d’EYLAU puis de FRIEDLAND, le Général LASALLE, au cours d’une revue passée à ELBING par
l’Empereur, présente le 11ème Régiment de Chasseurs à Cheval par cette phrase qui va devenir une devise:
« Sire, VOILA LES BONS.»
En 1812, avec la Grande Armée, il se couvre de gloire à la MOSKOWA.
En 1815, après WATERLOO, à l’éclat de l’épopée napoléonienne va succéder l’ère moins glorieuse de la vie en garnison.
De 1861 à
1865, le 11ème Régiment de Chasseurs retrouve le chemin du combat et se bat en ALGERIE à l’avant-garde des colonnes MARTINEAU et LAPASSET-DELIGNY.
En 1870, échappant au désastre de SEDAN, le régiment bat en retraite, perd
les trois quarts de son effectif et se rétablit en Avignon.
En 1871, il retrouve la vie de garnison: MEAUX 1872, St-GERMAIN en LAYE 1878, le 12 septembre 1887, il quitte St Germain pour se rendre à VESOUL.
En 1914, dès le 3 août, il est au contact de l’ennemi. Il entre le premier dans MULHOUSE occupé.
1916 - VERDUN - LA SOMME.
1917 - LE CHEMIN DES DAMES - LA CHAMPAGNE.
En 1919, à AIX-LA-CHAPELLE
qu’il occupe, le 11ème Régiment de Chasseurs reçoit la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre.
Il est allé à «l’abreuvoir du Rhin», réalisant ainsi le voeu, vieux d’un demi-siècle, de la cavalerie
française. Il rejoint alors, en vainqueur, sa bonne garnison de VESOUL.
1939, deuxième guerre mondiale. Le Régiment, éclaté en quatre groupes de reconnaissance, tente
vainement, au prix de lourds sacrifices, de s’opposer à l’ennemi.
Au cours de la campagne de la libération, en 1944, il est remis sur pied à CHATEAUROUX à l’aide d’éléments de la résistance de
l’INDRE. Il entre en Allemagne et occupe le PALATINAT jusqu’au 30 avril 1947, date de sa 4ème dissolution.
Recréé à BERLIN le 31 décembre 1954, avec les éléments formant le 11ème G.A.M (1949) puis le 11ème G.E.C.M
(1951) dépositaires de l’étendard depuis 1949, il retrouve ainsi ses traditions.
Il reste en garnison dans cette ville, en tant que force d’occupation dans la capitale du Reich, puis comme force de protection de Berlin
et de ses habitants. Il tient sa place au créneau face aux menaces émanant du pacte de Varsovie jusqu’en 1989.
A ce titre il vit tous les éléments douloureux ou dans la liesse qui ont marqués l’histoire contemporaine de Berlin:
«Le blocus de la ville par les soviétiques et le pont aérien allié qui a riposté, 16 juin 1948, 12
mai 1949, l’édification du mur de la honte le 13 août 1961, les premières brèches dans ce mur au cours de la nuit du 9 novembre 1989. Enfin le 3 octobre 1990, la réunification de l’ALLEMAGNE, du Rhin à l’Oder Neisse,
réinstituant Berlin dans ses véritables dimensions d’avant-guerre...»
En 1990, force invitée sur un territoire étranger redevenu souverain, le 11ème Régiment de Chasseurs continuera d’assurer aux côtés des forces
américaines et britanniques, puis avec les forces allemandes, la sécurité de Berlin. Il portera témoignage de la présence de la FRANCE au coeur même d’une EUROPE où la géographie a retrouvé ses droits et pris le pas sur les querelles
de l’Histoire.
En 1994, la poursuite de la réorganisation de l’Armée Française et le retrait des Forces Françaises Stationnées à Berlin entraînent sa 5ème dissolution le 15 septembre, son étendard rejoint le SHAT de
Vincennes. Les reliques du 11ème Chasseurs sont transportées à Saint-Wendel et conservées par l’Escadron d’Eclairage de la 1ère Division, jusque la dissolution du 2ème Corps d'Armée en 1999, et depuis cette date confiées à
l’Ecole d’application de l’arme blindée cavalerie de Saumur. Les objets les plus emblématiques provenant de la salle d’honneur du régiment pourront être un jour éxposé dans le futur musée de l’Arme blindée
cavalerie en construction..
- « Puisse notre Régiment ne pas être reformé dans des circonstances analogues à celle qui ont présidé à sa dernière recréation. Souhaitons-le pour notre Europe qui n’a plus besoin de
telles épreuves pour vivre.»
Extrait de l’ordre du jour numéro 2 (12 avril 1994), du 75ème et dernier Chef de Corps du 11ème Régiment de Chasseurs, le lieutenant-colonel Patrick CHANOINE.
Son étendard porte les noms suivants:
VALMY 1792
JEMMAPES 1792
AUSTERLITZ 1805
WAGRAM 1809
LA MOSKOVA 1812
LA MARNE 1914-1918
CHAMPAGNE 1915
BELGIQUE 1918
Et depuis les 26 et 27 mars 1994, il porte la flamme des forces armées de la République fédérale d'Allemagne et celle de la ville de Berlin.


En souvenir du 22 novembre 1806
écusson porté par le 1er Escadron en 1976,
réalisé par le CNE Max Lacharme
Commandant le 1er Escadron

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